La santé publique du Canada hésite à déclarer une deuxième vague partout au pays

OTTAWA — L’Agence de la santé publique du Canada hésite toujours à déclarer le début de la «deuxième vague» de la pandémie de COVID-19 au pays.

Pourtant, ses administrateurs préviennent que le nombre de cas pourrait augmenter de façon exponentielle dans les prochains mois, dépassant «de loin ce qu’on a connu pendant le pic du printemps», si les Canadiens ne redoublent pas de vigilance.

Jusqu’à maintenant, les seuls qui se sont risqués à parler d’un début de «deuxième vague» sont les responsables de la santé publique des régions les plus touchées par une flambée de cas.

Le sous-administrateur en chef de la santé publique, Dr Howard Njoo, dit qu’il est «difficile» pour lui d’en arriver à la même conclusion pour l’ensemble du territoire parce que «le Canada est un grand pays et toutes les régions sont différentes» les unes des autres.

«Ce qui se passe dans les territoires du Nord n’est pas la même chose que la situation actuellement au Québec», a-t-il fait valoir.

«Le degré d’activité du virus n’est pas le même à travers le pays. En fait, ce n’est pas le même à travers une même province», a ajouté la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu.

La plus récente modélisation fournie par l’Agence de la santé publique indique en effet que l’activité de la COVID-19 continue d’être «inégale» un peu partout au pays.

Le taux d’incidence des cas de COVID-19 est relativement élevé dans les régions de Montréal, Québec et Toronto, mais aussi au sud de la Colombie-Britannique et au nord de l’Alberta. La situation dans l’Atlantique et les territoires est sous contrôle.

L’Agence ne se risque pas à faire des prévisions très précises à long terme dans son document, sinon pour indiquer que «le Canada est à la croisée des chemins» et que «les gestes individuels pour réduire les taux de contact dicteront notre chemin».

L’épidémie pourrait être maîtrisée dans la plupart des régions si les Canadiens diminuent leur taux actuel de contact. En cas contraire, la courbe risque de monter en flèche et d’être bien plus haute que la vague du printemps.

L’administratrice en chef de la santé publique, Dre Theresa Tam, a dit dans sa mise à jour quotidienne qu’il y a maintenant 145 415 cas déclarés et 9228 décès au pays. 

Selon la modélisation de l’Agence, il est prévu que le nombre total de cas de coronavirus au pays passe de 150 780 à 155 795 et le nombre total de décès oscille entre 9220 et 9300 d’ici au vendredi 2 octobre.

La majorité des cas actuels se trouvent chez les jeunes adultes de 20 à 39 ans depuis la fin du mois de juin. Les nombres d’hospitalisations et de morts n’ont donc pas augmenté au même rythme que les cas signalés en raison de la tranche d’âge des gens infectés.

La Dre Tam martèle cependant qu’il est impératif que les jeunes fassent leur part pour éviter une contamination communautaire qui pourrait se transmettre dans les résidences pour aînés, par exemple.

Elle a donc lancé un cri du coeur aux jeunes.

«Nous avons besoin de votre ingéniosité et de votre dynamisme car nous ne remettrons pas la COVID-19 sur la piste de combustion lente sans votre aide. C’est votre génération, c’est votre temps, vous êtes capables. Travaillons ensemble pour maîtriser cette pandémie!»

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