La santé publique en appelle au civisme des Québécois à l’approche des Fêtes

MONTRÉAL — Au moment où les familles se préparent à se rassembler sans restrictions sanitaires pour célébrer Noël et le jour de l’An pour la première fois en trois ans, la santé publique se tient sur un pied d’alerte. Avec trois virus respiratoires en circulation, dont la COVID-19 qui montre des signes de regain, le Dr Luc Boileau lance un appel au civisme des Québécois.

«Vous êtes malade, vous avez des symptômes, vous n’allez pas dans vos rassemblements de famille, ce n’est pas le bon moment», a-t-il martelé en conférence de presse depuis Québec, mercredi.

«Si on veut conserver les meilleurs souvenirs de notre Noël et des autres fêtes de fin d’année, il faut poser les gestes appropriés», a renchéri le directeur national de santé publique à dix jours du réveillon de Noël.

Ce compte à rebours de dix jours n’a rien d’anodin. C’est exactement le nombre de jours d’isolement que doit observer une personne ayant obtenu un résultat de dépistage positif à la COVID-19. Ainsi, le Dr Boileau a insisté sur le fait que toute personne qui contracte le coronavirus dans les prochains jours ne devrait pas participer aux fêtes de Noël.

En résumé, on répète que si l’on ressent des symptômes, il faut éviter de sortir et éviter de côtoyer d’autres gens. Si l’on est atteint de la COVID-19, on s’isole pour dix jours. S’il faut absolument sortir pour le travail ou pour des besoins essentiels, il faut porter un masque et garder nos distances.

Le Dr Luc Boileau a réitéré ces consignes préventives en soulignant l’importance de protéger les autres et particulièrement les personnes les plus vulnérables qui sont présentes dans les fêtes familiales, soit les aînés et les jeunes enfants.

«On mélange des générations ensemble. On peut même avoir des arrière-petits-enfants avec des arrière-grands-parents. Y a rien de mieux pour un virus, c’est sa situation de rêve parce qu’il peut se propager d’un groupe à l’autre», a illustré le médecin spécialiste de la santé communautaire.

Parlant de «bébés coupe Stanley», il a entre autres choses vigoureusement découragé cette pratique de se passer les nouveau-nés de main en main dans les réunions de famille pour les embrasser tour à tour.

Le Dr Luc Boileau craint sérieusement que des comportements irresponsables de personnes contagieuses ne viennent gâcher les célébrations cette année.

«Ce n’est pas le temps de prendre des risques. On peut se dire « j’ai juste une p’tite toux, c’est pas si pire. » Attention là, c’est le même virus qui, chez une autre personne, peut faire des ravages», a-t-il mis en garde.

En se basant sur les observations faites aux États-Unis, où les cas d’hospitalisations ont monté en flèche depuis le plus récent week-end de l’Action de grâce, le mois dernier, la santé publique sait très bien que des dérapages sont possibles lors des célébrations de fin d’année.

Triple menace virale

De manière générale, ce que le directeur national de santé publique veut faire comprendre aux gens, c’est que trois virus respiratoires continuent de mettre de la pression sur le réseau de la santé.

Bien que le virus respiratoire syncytial (VRS) a ralenti sa propagation, il est toujours présent tout comme l’influenza et la COVID-19.

Comme les plus récentes données semblaient l’indiquer, la santé publique reconnaît observer des indices que le pic de l’épidémie d’influenza pourrait être passé lui aussi, mais on préfère patienter quelques semaines pour en avoir la confirmation.

En bout de ligne, c’est encore la COVID-19 qui inquiète le plus le Dr Boileau. Ce dernier rappelle qu’il s’agit d’une maladie beaucoup plus grave et beaucoup plus dangereuse que l’influenza. Des décès continuent d’être enregistrés par dizaines chaque semaine au Québec alors que les variants BQ.1 et BQ.1.1 ont pris le dessus et se propagent de manière plus virulente dans la population.

La santé publique recommande de maintenir son statut vaccinal à jour en allant chercher une dose de rappel si son plus récent vaccin remonte à plus de six mois.

Malgré toutes les inquiétudes énumérées, il est hors de question pour le Dr Luc Boileau d’imposer de nouvelles restrictions sanitaires aux Québécois dans le contexte actuel. Il justifie notamment cette position par le fait que le nombre de patients hospitalisés en raison de la COVID-19 demeure beaucoup moins élevé que l’an dernier.

D’après le bilan quotidien fourni par le ministère de la Santé, on recensait mercredi 2081 hospitalisations de patients atteints de la COVID-19, mais seulement 698 d’entre eux sont admis précisément en raison du virus.

Legault en mode bienveillance

En fin d’avant-midi, mercredi, le premier ministre du Québec François Legault a invité les patients forcés de fréquenter des établissements de santé durant la période des Fêtes à se montrer compréhensifs envers le personnel soignant.

«Ça va faire trois ans, au mois de mars, qu’en plus de soigner les malades habituels, ils doivent aussi s’occuper des malades COVID. Ç’a été extrêmement dur pour le personnel de la santé», a-t-il dit en reconnaissant que les délais d’attente dans le réseau demeurent très longs.

Le premier ministre demande à la population de remercier les travailleurs de la santé et de les supporter.

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