La Saskatchewan tient tête à Ottawa sur la tarification du carbone

MOOSE JAW, Sask. — Le gouvernement de la Saskatchewan rehausse les plafonds d’émissions de gaz à effet de serre pour certaines industries. 

Le gouvernement du Parti saskatchewanais assouplit ainsi sa stratégie en matière de lutte contre les changements climatiques, et il continue de défier Ottawa sur son exigence d’imposer un juste prix aux émissions de carbone.

Le ministre de l’Environnement, Dustin Duncan, a annoncé mercredi que la province rehausse les plafonds d’émission d’industries comme les mines de potasse et les papetières. Ces secteurs génèrent 11 pour cent de toutes les émissions de gaz à effet de serre en Saskatchewan.

Le gouvernement de Scott Moe a par ailleurs déjà demandé à la Cour d’appel de se prononcer sur la constitutionnalité de la taxe sur le carbone qu’Ottawa veut imposer à toute province qui ne se sera pas dotée de son propre régime de tarification du carbone. La Saskatchewan plaide que son programme de lutte contre les changements climatiques est suffisant pour réduire les émissions, et qu’une taxe sur le carbone nuirait à l’économie de la province.

«Notre approche (…) est plus efficace qu’une taxe sur le carbone, et nos engagements démontrent que la mesure fédérale ne devrait pas être imposée aux entreprises, aux industries, aux collectivités et aux familles de la Saskatchewan», a soutenu le ministre Duncan. «Nous prévoyons informer le gouvernement fédéral de nos progrès en matière de réduction des émissions (…) mais nous ne soumettons pas notre plan pour évaluation (fédérale) et nous ne changeons pas de cap.»

Le plan fédéral prévoit des taxes sur les émissions de gaz à effet de serre qui commenceront à 10 $ la tonne cette année et augmenteront de 10 $ par année, pour atteindre 50 $ la tonne en 2022. Il incombe aux provinces de déterminer si elles souhaitent y parvenir par le biais d’une taxe, comme en Alberta, ou par un système de plafonnement et d’échange de droits d’émissions — la «bourse du carbone», mise sur pied par le Québec et la Californie.

Le gouvernement Trudeau avait rehaussé au début du mois les seuils d’émissions au-delà desquels les industries devraient commencer à payer la taxe sur le carbone. L’ébauche de règlement publié en janvier fixait ce seuil à 70 pour cent des émissions moyennes; il a finalement été rehaussé à 80 pour cent — mais il atteindra 90 pour cent pour les producteurs d’engrais azotés, de ciment, de fer, d’acier et de chaux.

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