La sécurité des écoles nécessite des sacrifices dans la communauté, selon des experts

TORONTO — Des écoles fermées par crainte d’une vague de nouveaux cas de COVID-19 après les vacances des Fêtes ont rouvert lundi dans de nombreuses régions du pays, mais des experts affirment que la protection des enfants dépendra de mesures de contrôle renforcées au-delà de l’environnement d’apprentissage.

Des milliers d’étudiants du Québec, de l’Alberta, de la Nouvelle-Écosse et de la Saskatchewan font partie de ceux qui sont prêts à se retrouver après une longue pause, selon leur région et leur groupe d’âge.

Dans certaines régions, le retour en classe coïncide avec des précautions plus strictes tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la classe.

Les élèves québécois des premier et deuxième cycles du primaire doivent maintenant, comme leurs camarades plus âgés, porter un masque dans les espaces communs, tandis que ceux de 5e et de 6e année devront le porter en classe également.

La plus grande nouvelle au Québec a toutefois été l’imposition du premier couvre-feu contre la COVID-19 au Canada, qui empêche la plupart des résidants de quitter leur domicile entre 20 h et 5 h.

Il s’agit d’une mesure répressive visant à aider à protéger les écoles contre la hausse des taux communautaires qui ont poussé les cas, les hospitalisations et les décès à des niveaux inquiétants, selon les observateurs.

«Nous devons commencer à parler d’autres sacrifices que nous, dans les communautés, sommes prêts à faire si nous voulons que nos enfants retournent à l’école», a indiqué Ashleigh Tuite, professeure adjointe à la Dalla Lana School of Public Health de l’Université de Toronto.

«Je n’aime pas l’idée de couvre-feu ou de restrictions de mouvement, mais encore une fois, ce sont les types de mesures que nous devrions, en tant qu’adultes, être prêts à prendre si cela permet de réduire la transmission communautaire.»

L’Ontario était sur le point de rouvrir lundi les écoles primaires de la moitié sud de la province, mais a retardé ce plan de deux semaines en raison du nombre élevé de nouveaux cas et d’une augmentation inquiétante des taux de positivité chez les enfants.

Le médecin-hygiéniste en chef de l’Ontario a déclaré la semaine dernière que le taux de positivité chez les enfants testés approchait 20 % début janvier pour les 12-13 ans, une forte hausse comparativement à 5 % à la fin de novembre et au début de décembre.

Une enquête sur les résultats des tests provinciaux de COVID-19 ventilés par âge a également révélé des pics moindres, mais toujours significatifs, pour d’autres groupes d’âge, y compris un saut de 5 % à 16 % chez les enfants de 4 à 11 ans et une augmentation de 6 % à 14 % chez les 14 à 17 ans.

Cela va de pair avec la flambée des infections qui a établi un record quotidien de plus de 4200 cas signalés vendredi, bien que cela ait inclus un arriéré d’environ 450 cas.

L’Ontario a laissé entendre que de nouvelles restrictions étaient en route et a exprimé un vague désir d’imposer davantage de mesures en milieu scolaire dans l’espoir d’abaisser les taux de transmission, mais aucun détail n’a encore été publié.

Trouver le bon équilibre entre les restrictions communautaires et scolaires est une science imprécise, dit le virologue de l’Université du Manitoba Jason Kindrachuk, qui ajoute toutefois que toute mesure visant à freiner les infections à grande échelle aide à prévenir le risque d’éclosions en classe.

«Nous ne devrions probablement pas parler de fermetures d’écoles si nous ne parlons pas également de fermetures de toutes les entreprises non essentielles et aussi des bureaux», note M. Kindrachuk, de Saskatoon, où il travaille avec la Vaccine and Infectious Disease Organization — International Vaccine Centre de l’Université de la Saskatchewan.

Mais il est également essentiel de disposer de meilleures données pour évaluer à quel point les écoliers sont réellement susceptibles, ajoute-t-il, répétant les appels à des tests chez les asymptomatiques: «Nous ne comprenons pas encore pleinement à ce jour à quoi ressemble la transmission dans les écoles.»

Les mesures de confinement provinciales ont été prolongées en Alberta et au Manitoba, tandis que la Saskatchewan a déclaré qu’elle prévoyait réviser les restrictions sur les rassemblements et la capacité de vente au détail imposées pour le congé des Fêtes.

Les enfants de la Colombie-Britannique sont retournés à l’école publique après une pause hivernale de deux semaines la semaine dernière, mais la province fait aussi face à des pressions pour renforcer les protections, y compris les obligations de port du masque et de distanciation physique.

Les enseignants de la région sanitaire du Fraser sont particulièrement préoccupés par «les écoles où les normes de santé et de sécurité sont inadéquates, incohérentes ou dangereuses», a déclaré vendredi la Fédération des enseignants de la Colombie-Britannique, par communiqué.

La Fédération appelle les autorités provinciales à réduire la densité dans les écoles, à améliorer la ventilation, à rendre les masques obligatoires dans tous les espaces intérieurs et à veiller à ce que les éducateurs et le personnel scolaire «soient priorisés de manière appropriée» pour la vaccination contre la COVID-19.

M. Kindrachuk dit que l’arrivée d’un variant plus infectieux de la COVID-19 en provenance du Royaume-Uni augmente encore les enjeux du contrôle des infections.

«Les choses ne vont pas de plutôt bien une journée à soudainement très mal le lendemain», dit-il. «Il y a une escalade lente, et puis tout commence à atteindre cette phase exponentielle où vous ne grimpez pas de façon linéaire, vous grimpez en fait très, très précipitamment.»

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