La sélection du jury est suspendue pour au moins une journée dans l’affaire Floyd

MINNEAPOLIS — Le juge qui préside au procès d’un ex-policier de Minneapolis accusé relativement à la mort de George Floyd a suspendu lundi la sélection du jury pendant au moins une journée pendant qu’un appel se poursuit sur le possible rétablissement d’une accusation de meurtre au troisième degré.

Tandis que des centaines de manifestants se sont rassemblés devant le palais de justice pour réclamer la condamnation de Derek Chauvin, le juge Peter Cahill a déclaré qu’il n’avait pas compétence pour décider si l’accusation de meurtre au troisième degré devait être réintroduite contre l’ex-policier pendant que la question est portée en appel. Mais il a affirmé que les arguments des procureurs selon lesquels toute l’affaire serait affectée étaient «ténus».

Le magistrat avait d’abord décidé que la sélection des jurés commencerait comme prévu lundi, mais les procureurs ont déclaré qu’ils demanderaient à la Cour d’appel d’intervenir, ce qui pourrait suspendre l’affaire. Le juge a donc renvoyé les jurés potentiels chez eux pour la journée.

Derek Chauvin est accusé de meurtre au deuxième degré et d’homicide involontaire coupable dans la mort de George Floyd. Des experts en droit disent que le rétablissement de l’accusation de meurtre au troisième degré améliorerait les chances d’obtenir une condamnation. L’avocat de Derek Chauvin, Eric Nelson, a déclaré lundi qu’il demanderait à la Cour suprême de l’État de revoir une décision de la Cour d’appel qui a ordonné au juge Cahill de reconsidérer l’accusation.

La sélection du jury devrait prendre au moins trois semaines, car les procureurs et les avocats de la défense tentent d’éliminer les personnes qui pourraient avoir des préjugés dans ce dossier.

«Vous ne voulez pas de jurés qui sont complètement vierges, car cela signifierait qu’ils ne sont pas du tout en phase avec le monde», a souligné Susan Gaertner, une ancienne procureure. «Mais ce que vous voulez, ce sont des jurés qui peuvent mettre de côté les opinions qui se sont formées avant d’entrer dans la salle d’audience et donner aux deux parties une audience équitable.»

George Floyd a été déclaré mort le 25 mai après que le policier blanc Derek Chauvin eut pressé son genou contre le cou de l’homme noir menotté pendant environ neuf minutes. La mort de George Floyd a déclenché des manifestations parfois violentes à Minneapolis et ailleurs au pays.

Derek Chauvin et trois autres agents ont été licenciés; ces derniers font face à un procès en août pour complicité.

Des centaines de personnes se sont rassemblées devant le palais de justice au début de la procédure, beaucoup portant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: «Justice pour George Floyd» et «Condamnez les policiers meurtriers».

Un orateur a décrié les barrières en béton surmontées de clôtures en mailles de chaîne et barbelés installées autour du palais de justice. Il a également ridiculisé le discours sur le procès Chauvin comme «le procès du siècle», affirmant qu’il revenait simplement au jury de faire «ce qui est juste».

Puis il a dirigé la foule en scandant «Le monde entier regarde!»

À l’intérieur de la salle d’audience, Derek Chauvin, en veston bleu et portant un masque noir, a suivi attentivement les débats, en écrivant sur un bloc-notes.

Me Nelson avait fait valoir que le bruit autour du procès et les troubles violents qui ont suivi à Minneapolis rendraient impossible la recherche d’un jury impartial dans le comté de Hennepin. Mais le juge Peter Cahill a déclaré l’année dernière que déplacer le procès ne résoudrait probablement pas le problème, car «aucun coin de l’État du Minnesota» n’a été protégé de la publicité préalable au procès.

Les jurés potentiels — qui doivent avoir au moins 18 ans, être citoyen américain et résident du comté de Hennepin — ont reçu des questionnaires pour déterminer dans quelle mesure ils ont entendu parler de l’affaire et s’ils se sont forgé une opinion. Outre les informations biographiques et démographiques, les jurés pressentis ont été interrogés sur les contacts antérieurs avec la police, s’ils ont protesté contre la brutalité policière et s’ils estiment que le système judiciaire est équitable.

Certaines des questions deviennent spécifiques, comme la fréquence à laquelle un juré potentiel a regardé la vidéo de l’arrestation de George Floyd, ou s’il portait une pancarte lors d’une manifestation et ce qu’on pouvait y lire.

Par Amy Forliti et Steve Karnowski – The Associated Press

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