La Semaine de l’action bénévole s’ouvre dans un contexte surréel

MONTRÉAL — La Semaine de l’action bénévole s’est ouverte dans un contexte surréel dimanche.

«Bénévoler, c’est chic», le thème initialement prévu par la Fédération des centres d’action bénévole du Québec (FCABQ), a dû être mis au rancart pour des raisons évidentes.

La FCABQ, qui regroupe 108 centres d’action bénévole à travers la province, a choisi de recalibrer son message afin de saluer la générosité des Québécois face à la pandémie — tout en espérant que cet élan de solidarité ne s’estompera pas une fois la crise passée.

Le directeur général de la fédération, Michel Alexandre Cauchon, rapporte que le milieu communautaire s’affaire toujours à «gérer le flux» de volontaires, qui ont été très nombreux à répondre à l’appel lancé par le premier ministre François Legault à la fin du mois dernier, sur le portail jebenevole.ca.

«En 24 heures, on avait 12 000 noms dans la banque, se rappelle-t-il. Ça nous a pris par surprise un peu. Cela étant dit, pour nous, c’est un beau problème»

Trois semaines plus tard, ce nombre s’élève à près de 26 000 candidatures.

«C’est une visibilité à laquelle on n’est pas nécessairement habitués, mais on va en profiter. Le grand défi va être la rétention de ces bénévoles-là», a reconnu M. Cauchon, en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

Car la plupart des inscrits ne sont pas de grands habitués de l’engagement bénévole, selon lui. Interpellés par la crise, ils s’impliquent de façon ponctuelle, à raison d’une demi-journée par semaine, par exemple, dans un domaine précis.

M. Cauchon relève un contraste avec le profil type des bénévoles de longue date, souvent des retraités qui consacrent beaucoup de temps dans divers services. En temps normal, entre 40 000 et 60 000 de ces bénévoles gravitent autour des organismes associés à la FCABQ.

Les effectifs se sont donc subitement gonflés de moitié.

M. Cauchon a bon espoir de pouvoir conserver une grande partie de ce bassin de sang neuf.

«Il ne faut jamais oublier que, même quand la crise va être résorbée et on va pouvoir retourner à nos activités régulières, les besoins vont bénévolat toujours être là. Des gens vulnérables, isolés, il y en avait avant la crise de la COVID-19, il y en a encore en ce moment, mais malheureusement il va y en avoir encore après.»

Le recrutement se poursuit par le biais du site jebenevole.ca. Le portail est à la disposition de tous les centres d’action bénévole de la fédération depuis trois ans déjà, mais il a été adapté pour faire face à la crise actuelle, à la demande du gouvernement.

On peut manifester son intérêt par le biais la banque de candidatures ou en répondant directement à la demande d’un organisme.

La FCABQ promet un encadrement serré pour former les nouveaux venus et assurer leur sécurité.

M. Cauchon explique que les besoins actuels s’articulent autour de trois grandes catégories, soit l’alimentation, avec les popotes roulantes, entre autres; l’accompagnement et le transport vers des centres hospitaliers pour les personnes qui doivent recevoir des traitements essentiels, tels que la chimiothérapie; et finalement, le «télébénévolat», notamment pour briser la solitude un coup de fil à la fois.

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