La simplicité de René Lévesque a été sa force, selon Legault

QUÉBEC — Les élus de l’Assemblée nationale ont rendu hommage jeudi à René Lévesque, au lendemain d’une controverse qui a terni le lancement des célébrations sur le centenaire de sa naissance. 

Le Parti québécois a déposé une motion soulignant tout l’héritage laissé par son fondateur, en rappelant qu’il «fait partie, à jamais, de la courte liste des libérateurs de peuples», comme l’avait dit le chansonnier Félix Leclerc. 

Mercredi, la Fondation René-Lévesque s’était retrouvée au centre d’une controverse et avait dû s’amender: elle avait refusé de permettre au chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon, donc successeur de M. Lévesque, de s’adresser aux invités au lancement des festivités du centenaire à la Grande Bibliothèque de Montréal lundi prochain. 

Le premier ministre François Legault, lui-même issu du PQ, doit prononcer un discours à cette occasion et jeudi, il a souligné la simplicité de celui qui a gouverné le Québec de 1976 à 1985. C’était sa force, selon lui. 

«C’était quelqu’un d’humble, ceux qui l’ont vu, de la façon qu’il s’habillait avec ses Hush Puppies puis, des fois, l’habit un petit peu fripé. Mais les gens se disaient: « il est comme nous autres, dans le fond ». Et je pense que ça a été sa grande force.»

M. Legault a rappelé brièvement qu’il avait créé «un parti politique, d’abord un mouvement, Souveraineté-Association, ensuite le Parti québécois», devenu son adversaire, mais il a pris soin d’éviter l’enjeu de la tenue du premier référendum sur la souveraineté, tenu en 1980.  

Bien au contraire, le chef parlementaire péquiste, Joël Arseneau, a insisté sur la foi indépendantiste de M. Lévesque.  

«Quoi qu’en disent les rabat-joie, les éteignoirs ou les défaitistes, l’indépendance du Québec demeure une question hautement d’actualité pour quiconque désire continuer à parler français en Amérique, pour quiconque tient à la spécificité culturelle, à son rayonnement, à son épanouissement, pour quiconque souhaite cesser d’être coupable par association en matière d’environnement et de lutte aux changements climatiques, pour quiconque nourrit l’ambition que le Québec parle de sa propre voix à l’international.»

Même si elle dirige une formation qui s’est opposée aux ambitions de M. Lévesque, la cheffe libérale Dominique Anglade a affirmé qu’«on a une énorme dette» envers l’homme et qu’il demeure «un monument de grande taille, et les monuments de grande taille, ils nous habitent et nous habitent pour toujours».

Enfin, le chef parlementaire de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois, a pour sa part cité M. Lévesque en disant que ce devrait être une question qu’on aurait avantage à se poser avant les élections de l’automne prochain: «N’est-ce pas dans le rêve (…) que naissent la plupart des projets qui en valent la peine?»

Né le 24 août 1922, M. Lévesque est décédé il y aura bientôt 35 ans, le 1er novembre 1987. Sondage après sondage, il demeure une des figures politiques les plus aimées des Québécois.

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