La Société de l’Acadie dénonce les propos de Blaine Higgs sur le bilinguisme

FREDERICTON — La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) a déploré jeudi «l’incapacité» du premier ministre sortant Blaine Higgs «de prendre une position ferme contre le recul des droits linguistiques d’un tiers de la population» de la province.

La veille, le chef progressiste-conservateur avait indiqué qu’il ne rejetait pas d’emblée l’idée de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick de remettre en question les exigences de bilinguisme pour les fonctionnaires de la province s’il était réélu le 14 septembre.

Selon la SANB, M. Higgs utilise «une forme de sous-discours destiné à attirer vers son parti une frange anti-francophone de la population» de la province.

«Les propos de M. Higgs sur les exigences linguistiques et la réponse de ses candidats rapportés dans les médias témoignent d’un manque absolu de constance dans le discours du Parti conservateur en ce qui concerne leur volonté de protéger les droits linguistiques des Acadiennes, Acadiens et francophones de cette province», a déclaré le président de la SANB, Alexandre Cédric Doucet.

Politiques rurales

Le contraste entre les libéraux et les progressistes-conservateurs était évident, jeudi. 

Le chef libéral du Nouveau-Brunswick, Kevin Vickers, a promis d’injecter 5 millions $ de plus dans le budget du ministère de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches s’il devient premier ministre le 14 septembre.

Selon lui, investir dans des programmes de partage des coûts permettra aux producteurs locaux de faire croître leur entreprise. Et il estime que la croissance du secteur agricole profitera aux Néo-Brunswickois longtemps après la fin de la pandémie de COVID-19.

«C’est dans son ADN: l’austérité, l’austérité, des coupes et des coupes, a reproché le chef libéral à son rival conservateur. Les fermiers du Nouveau-Brunswick ont été trahis par cet homme. Le temps est venu pour un premier ministre qui se préoccupe des fermiers ce cette province.»

De son côté, le chef conservateur Blaine Higgs, de passage à Bouctouche, a fait une annonce agricole sans promettre de nouveaux investissements. Il a plutôt déclaré aux journalistes qu’il s’en tiendra au plan de sécurité alimentaire présenté par son gouvernement en mars. Selon lui, la pandémie a fourni d’importantes leçons sur les chaînes d’approvisionnement et la dépendance de la province envers les marchés étrangers.

«Nous sommes autosuffisants pour la volaille et les produits laitiers, a dit M. Higgs. Nous sommes des chefs de file mondiaux pour la patate, les fruits de mer et les bleuets. Mais nous sommes trop dépendants pour les autres sortes de fruits frais et de légumes, et pour certaines viandes aussi.»

M. Higgs dit ne pas avoir l’intention de détailler ces engagements au cours de la campagne électorale. Jeudi matin, le site internet des progressistes-conservateurs affichait encore le programme de… 2018, même si le monde a beaucoup changé à cause de la COVID-19.

Le chef progressiste-conservateur a indiqué qu’une mise à jour du programme était prévue au cours de la campagne. Mais, en soirée, le programme de 2018 n’était plus présent sur le site internet. Personne n’était disponible pour commenter la situation.

Les Verts

L’agriculture était également à l’ordre du jour du chef du Parti vert David Coon. Il a rappelé que le temps sec avait des répercussions importantes dans les zones rurales de la province.

«Quand j’entends M. Higgs et M. Vickers, je constate qu’ils ne comprennent pas les collectivités rurales, a-t-il déclaré. Ils ne semblent pas comprendre les fermiers. Ils ne comprennent pas que ces gens supportent le fardeau de la crise climatique.»

M. Coon a ajouté que le niveau de l’eau n’avait jamais été aussi bas depuis 50 ans au Nouveau-Brunswick. «Ce n’est pas une donnée statistique bizarre. C’est la réalité contemporaine auxquels les fermiers néo-brunswickois doivent affronter.»

Il a promis la création d’un ministère des Affaires rurales.

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