La soeur d’une femme retrouvée morte au Nunavik croit qu’il s’agit d’un féminicide

MONTRÉAL — La sœur d’une femme retrouvée morte avec son conjoint dans un village éloigné du Nunavik, dans le Nord-du-Québec, la semaine dernière, appelle les victimes de violence conjugale à demander de l’aide.

Maggie Naluiyuk a déclaré mardi qu’elle croyait que sa sœur cadette, Kataluk Paningayak-Naluiyuk, âgée de 43 ans, était la plus récente victime de violence conjugale dans la province. Mme Naluiyuk, âgée de 48 ans, mère de cinq enfants et elle-même victime d’une relation abusive pendant 19 ans, a déclaré qu’elle voulait utiliser la tragédie de sa sœur pour envoyer un message.

«Maintenant qu’elle est partie, nous ne pouvons rien faire, mais nous pouvons essayer d’aider les autres à survivre», a déclaré Mme Naluiyuk dans une entrevue.

La Sûreté du Québec a indiqué lundi qu’elle attendait les résultats des autopsies de deux personnes après que leurs corps ont été retrouvés jeudi dernier dans une maison à Ivujivik, une communauté accessible par avion d’environ 400 personnes dans le Nord-du-Québec.

La police a identifié les deux personnes décédées comme étant Mme Paningayak-Naluiyuk et son conjoint, Peter Ainalik, âgé de 44 ans.

La porte-parole de la SQ Nancy Fournier a affirmé que des agents de la brigade des homicides du corps policier avaient été envoyés dans le village. Elle a déclaré que les enquêteurs ne recherchaient pas de suspect et qu’ils devraient pouvoir en dire plus une fois les autopsies effectuées, ce qui devrait avoir lieu cette semaine.

Elle a déclaré que la SQ, en collaboration avec des agents de la police régionale Kativik, n’a exclu aucune hypothèse sur ce qui s’est passé, y compris un meurtre suivi d’un suicide. Si cette hypothèse est confirmée, Mme Paningayak-Naluiyuk serait la huitième femme au Québec à avoir été assassinée par un conjoint ou un ex-conjoint depuis le début de l’année.

Mère de six filles et grand-mère de deux enfants, Mme Paningayak-Naluiyuk était dans une relation avec M. Ainalik qui impliquait des abus, a affirmé Mme Naluiyuk. Elle a dit qu’à au moins deux reprises, sa sœur avait dû être transportée à Montréal depuis la communauté inuite pour y être soignée. Dans un cas, Mme Naluiyuk a affirmé que sa sœur avait des côtes fracturées.

«Nous avons essayé de lui dire qu’elle devait le quitter avant qu’il ne la tue», a confié Mme Naluiyuk, ajoutant que sa sœur avait rejeté les inquiétudes.

«Maintenant, elle est morte aujourd’hui et nous ne pouvons rien y faire, mais ce que nous pouvons faire, c’est avoir une voix pour les femmes qui ont besoin d’aide, qui traversent une relation violente… qu’il y a une solution pour chacune d’entre elles», a affirmé Mme Naluiyuk.

Elle a affirmé que les hommes devaient chercher des conseils ou une autre aide et elle a exhorté les femmes à rechercher les ressources disponibles pour les aider à sortir de relations abusives. Mme Naluiyuk a déclaré que les peines pour les personnes reconnues coupables de violence conjugale devraient être plus sévères.

«Tout ce que vous avez à faire est de demander de l’aide et de mettre fin à des choses qui ne sont pas bonnes dans votre vie», a affirmé Mme Naluiyuk. «Je me suis trouvée dans cette situation, je peux comprendre, j’y suis restée pendant 19 ans.»

Des intervenants en matière de violence conjugale ont soulevé des inquiétudes quant au nombre croissant de femmes tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint cette année au Québec. Des maisons d’hébergement ont déploré un manque criant de ressources qui avait cours avant même la pandémie.

Dans une entrevue diffusée lundi sur la chaîne Noovo, le premier ministre François Legault a promis «dans les prochaines semaines» des places pour toutes les femmes qui s’inquiètent pour leur sécurité physique.

Si vous êtes victime de violence conjugale, contactez SOS Violence conjugale au 1 800 363-9010 / consultez le https://sosviolenceconjugale.ca/fr

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