La SQ attire l’attention avec ses commentaires sarcastiques en ligne

MONTRÉAL — La Sûreté du Québec (SQ) a défendu sa nouvelle politique sur les médias sociaux, lundi, alors que des réponses sarcastiques formulées par le corps de police sur sa page Facebook officielle ont fait sourciller certains internautes dans les derniers jours.

Vendredi dernier, dans une réponse à un commentaire sur sa page, le compte de la SQ a semblé se moquer d’un citoyen qui critiquait sa campagne de sécurité routière.

«Check le moron qui se prend pour Gilles Villeneuve!», a écrit la SQ, faisant référence au célèbre pilote de Formule 1.

Une autre publication suggère d’ailleurs aux mauvais conducteurs de calculer le prix d’une contravention dans leurs budgets de vacances.

Le porte-parole de la SQ, Guy Lapointe, a expliqué que le corps de police a récemment changé sa politique sur les médias sociaux pour utiliser l’humour et le sarcasme, dans le but d’attirer davantage l’attention sur ses campagnes de prévention. La police cherche à rejoindre un public plus jeune qui consulte moins les médias traditionnels, a-t-il soutenu.

Pendant des années, la SQ a affiché sur sa page des messages génériques sur la condition des routes en hiver, la sécurité lors des déménagements ou la campagne de sécurité routière pendant la saison estivale. Les citoyens trouvaient que ces avertissements étaient condescendants, et que la police «leur parlait de haut», a indiqué M. Lapointe.

La SQ a donc décidé de changer les choses. Pour le jour du déménagement au Québec, le 1er juillet, la police a partagé une photo tirée d’un dessin animé, montrant des gens qui surchargent un véhicule. L’image a été largement partagée, a souligné M. Lapointe.

Des ajustements à venir

Il reconnaît toutefois que certaines des réponses de la police sont allées trop loin et admet que les membres du personnel ne devraient pas utiliser de termes irrespectueux lorsqu’ils interagissent avec le public.

«Évidemment, il va y avoir des ajustements à faire, mais on est déjà content des résultats», a-t-il fait valoir en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

Bien que la SQ soit ouverte aux critiques, elle ne se gênera pas pour répondre à des «trolls» qui vont sur sa page pour ridiculiser ses campagnes de prévention ou «cautionner des comportements délinquants», a signalé M. Lapointe.

«Si vous dites des choses qui n’ont pas d’allure, on va peut-être vous répondre quelque chose qui n’a pas d’allure pour vous démontrer que ça n’a aucun sens», a-t-il soutenu.

Selon lui, la réaction du public a été très positive jusqu’à maintenant et la page Facebook a gagné plus de 6000 nouveaux abonnés depuis que la SQ a changé sa stratégie de communication le mois dernier.

«Si ça nous amène des gens à la fin et qu’on est en mesure de rejoindre plus de gens avec nos messages de prévention, eh bien au moins ce sera ça de positif.»

Une stratégie populaire

D’autres corps policiers au Canada et aux États-Unis ont utilisé des messages humoristiques pour attirer davantage l’attention sur les réseaux sociaux.

Par exemple, le service de police de Kensington, à l’Île-du-Prince-Édouard, s’est rendu célèbre dans le monde entier avec ses publications remplies d’humour.

L’an dernier, il avait publié une photo de sa soi-disant stratégie pour arrêter des contrevenants lors de la Journée internationale du cannabis: un piège fait d’une boîte en carton et d’une ficelle, dont l’appât est de la nourriture et des jeux vidéo. L’image avait été partagée des milliers de fois.

Tous les messages du corps policier n’ont pas été aussi bien reçus. En 2016, le service de police avait dû s’excuser après avoir dit que les conducteurs arrêtés pour conduite en état d’ébriété seraient obligés d’écouter le groupe canadien Nickelback.

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