La STM remplacera le système de contrôle de train sur la ligne bleue

MONTRÉAL — Le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal permettra du même souffle à la Société de transport de Montréal (STM) de remplacer le système de contrôle de train de cette partie du réseau, un investissement de 565,9 millions de dollars.

Annoncé à maintes reprises depuis plusieurs décennies, le prolongement de la ligne bleue sera bel et bien une réalité d’ici quelques années, a confirmé la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, qui a rappelé que l’appel d’offres officiel pour la réalisation des travaux avait été lancé en décembre dernier.

Cinq stations seront donc ajoutées à l’est du trajet de la ligne actuelle, qui s’arrête à la station Saint-Michel. Elles devraient être ouvertes au public en 2029.

La STM profitera de ces travaux d’aménagement pour doter la ligne bleue d’un tout nouveau système de contrôle de train de type CBTC (Communication based train control), a annoncé la ministre Guilbault. 

Ce système viendra remplacer l’actuel, vieux de 50 ans, et fera entrer le métro de Montréal dans une nouvelle ère, a pour sa part indiqué le président du conseil d’administration de la STM, Éric Alan Caldwell, puisque le CBTC est plus fiable et permet de mieux contrôler le mouvement du train. 

«C’est un investissement qui donne un deuxième cycle de vie à notre réseau, qui deviendra encore plus performant qu’avant», a-t-il affirmé.

Ce faisant, la fluidité du transport s’en trouvera améliorée et le nombre d’interruptions de services en raison d’un bris d’équipement devrait diminuer.

L’acquisition, la phase de test et l’installation du nouveau système coûteront 565,9 millions $, une somme répartie entre les trois ordres de gouvernement. Québec investira 296,6 millions $, tandis que la Ville de Montréal, via la STM, injectera 65,6 millions $. 

Ottawa devrait pour sa part fournir les quelque 203 millions $ restants; une annonce qui s’est toutefois faite sans représentant du gouvernement fédéral, puisque cette entente financière reste à être finalisée, a précisé Mme Guilbault, toutefois optimiste de voir le financement être attaché sous peu.

«La négociation entre notre gouvernement et le gouvernement fédéral reste à finaliser, mais les deux premiers ministres se sont rencontrés récemment et se sont entendus sur une contribution financière supplémentaire pour le projet de la ligne bleue et pour le tramway, à Québec», a expliqué la ministre. 

Ces sommes proviendront du solde résiduel de l’entente bilatérale intégrée (EBI), dont la date butoir pour soumettre des projets a été repoussée au 31 mars prochain par Ottawa.

Implantation graduelle

L’appel d’offres pour la mise en place du nouveau système de contrôle de train a été lancé lundi matin. 

Il est toutefois encore trop tôt pour estimer la facture du déploiement du système au reste du réseau de métro; il en va de même pour la détermination d’un échéancier, a précisé M. Caldwell. 

«C’est l’expérience de la ligne bleue qui va nous aider à définir ces coûts et ces échéanciers, mais ce sera un investissement considérable», a-t-il reconnu.

L’implantation du système CBTC se fera de manière graduelle sur le réseau. Il est à noter que certaines des voitures Azur, qui circulent déjà sur le réseau, pourront fonctionner aussi bien sur le système actuel que sur le futur.

M. Caldwell a également annoncé que le plan d’investissement de la STM prévoit, sur son prochain cycle décennal, des investissements de 20 milliards $, soit plus du double du précédent plan, le tout en raison de l’âge du réseau et des besoins en entretien et mise à niveau des infrastructures.

REM de l’Est : rapport attendu cette semaine

En conférence de presse, la ministre Guilbault a annoncé qu’un rapport préliminaire concernant le projet du REM de l’Est serait rendu public au courant de la semaine.

Ce rapport, fruit d’un comité composé de représentants de la STM, de la Ville de Montréal, du ministère des Transports et de l’Autorité régionale de transport métropolitain, mentionnera entre autres que l’idée d’avoir une infrastructure aérienne, dans le secteur de Mercier-Est, a été abandonnée, a dit la ministre.

La version finale de ce rapport sera pour sa part déposée en juin, a indiqué Mme Guilbault.

Plaidoyer pour un meilleur financement

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a profité de la conférence de presse annonçant l’implantation du système CBTC pour lancer un vibrant plaidoyer sur l’importance de revoir la manière de financer le transport en commun.

«Dans une métropole comme Montréal, il faut qu’on soit capable de construire et d’entretenir notre réseau de transport collectif en continu: les deux vont ensemble», a fait valoir la mairesse, ajoutant que l’enjeu ne date pas d’hier. 

La pandémie, entre autres, a fait mal aux finances de la STM, alors qu’une diminution marquée de l’achalandage – et conséquemment de l’achat de titres de transport – a été observée. L’inflation et l’augmentation du coût des projets de construction ont aussi un impact sur les coffres de la société de transport.

«On ne peut plus dépendre de la taxe sur l’essence, et malgré l’aide d’urgence que nous a apportée le gouvernement depuis le début de la pandémie, c’est un problème qui est structurel et qui date de plus longtemps, a ajouté Mme Plante. Il faut aller plus loin, avoir une réflexion en profondeur et se mettre à la recherche de solutions qui feront en sorte que notre transport en commun continue d’être efficace, confortable et accessible.»

«La bonne nouvelle, c’est que ces solutions, elles existent», a poursuivi la mairesse, rappelant que «le transport en commun, c’est un investissement et non une dépense».

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Cette dépêche a été rédigée avec l’aide financière de la Bourse de Meta et de La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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