La stratégie de l’Ontario pour lutter contre la variole simienne fonctionne

L’Ontario ne connaît pas une croissance rapide des cas de variole simienne et sa stratégie de vaccination semble fonctionner, selon le médecin-hygiéniste en chef de la province.

Le Dr Kieran Moore a déclaré que la variole du singe serait probablement présente pendant «de très nombreux mois» en raison de sa longue période d’incubation pouvant aller jusqu’à 21 jours, mais l’Ontario ne connaît pas de croissance exponentielle du virus.

«À l’heure actuelle, le nombre (de cas) n’augmente pas rapidement, mais il augmente, a déclaré le Dr Moore dans une récente entrevue. Nous pensons que cela se stabilise en Ontario, en ce sens que la croissance n’est pas rapide.»

Le Dr Moore a indiqué que 133 cas avaient été identifiés en Ontario au 6 juillet, la grande majorité se trouvant à Toronto et la plupart des autres ayant un lien avec la ville. Santé publique Ontario avait signalé 33 cas deux semaines plus tôt.

Tous les cas signalés au 6 juillet concernaient des hommes âgés de 20 à 65 ans.

La variole simienne ne se propage généralement pas facilement entre les personnes et se transmet par contact étroit prolongé via des gouttelettes respiratoires, un contact direct avec des lésions cutanées ou des fluides corporels, ou par des vêtements ou de la literie contaminés. Les symptômes peuvent inclure des éruptions cutanées, des lésions buccales et génitales, des ganglions lymphatiques enflés, des maux de tête, de la fièvre, des frissons, des myalgies et de la fatigue.

La santé publique indique que la plupart des cas concernent des hommes qui signalent des contacts intimes avec d’autres hommes, mais que tout le monde peut attraper la variole du singe.

La maladie provient de la même famille de virus qui causent la variole, que l’Organisation mondiale de la santé a déclarée éradiquée dans le monde en 1980. Les vaccins contre la variole se sont avérés efficaces pour combattre le virus.

Le Dr Moore a déclaré que la province travaillait «avec diligence» pour vacciner ceux qui ont contracté le virus ainsi que leurs contacts étroits ou toute personne à risque de contact.

«Plus de 8000 personnes ont reçu le vaccin contre la variole, qui, selon nous, offre une bonne protection contre la variole du singe», a-t-il dit.

«Nous avons également été en mesure de fournir des traitements, donc cinq Ontariens ont été traités avec un médicament appelé TPoxx, (qui est destiné à ceux) qui ont eu de graves complications liées à la variole simienne.»

La province ne cherche pas à étendre sa stratégie de vaccination pour le moment, a déclaré le Dr Moore, ajoutant que «cela semble fonctionner».

«Normalement, ce vaccin a deux doses à 28 jours d’intervalle, a déclaré le Dr Moore. Nous examinons si nous devons rappeler ces 8000 personnes et leur fournir une deuxième dose.»

La Dre Allison McGreer, spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital Mount Sinai de Toronto, a déclaré que l’augmentation des cas dans la province «n’est pas alarmante», mais que la situation est toujours «relativement fragile».

«Nous ne savons pas ce qu’il faudra pour maîtriser l’épidémie, a déclaré la Dre McGreer. Nous ne sommes pas totalement convaincus que le virus n’a pas suffisamment changé pour permettre une transmission plus soutenue aux populations.»

La Dre McGreer a déclaré qu’il n’y avait toutefois pas de risque immédiat pour la plupart des gens.

«C’est vraiment encore une intervention pour les populations où nous avons un risque défini, et ils surveillent très attentivement pour identifier s’il y a eu une propagation en dehors de ces populations à haut risque», a déclaré la Dre McGreer.

La stratégie de vaccination actuelle de la province est «la meilleure que l’on puisse faire pour le moment avec les stocks limités dont nous disposons», a-t-elle avancé.

«La ligne de démarcation que toutes les juridictions essaient de respecter est de s’assurer que les personnes présentant un risque important de variole du singe aient accès au vaccin», a-t-elle ajouté.

«Et que le reste d’entre nous qui ne courons pas, pour le moment, de risque significatif de variole du singe n’épuisons pas les réserves limitées dont nous disposons et ne soyons pas potentiellement exposés à un risque infime que nous ne connaissons tout simplement pas encore.»

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