« On ne devrait pas permettre que la pollution soit gratuite »

Le gouvernement Trudeau a annoncé que, d’ici 2030, le prix de la taxe sur le carbone devra être de 170 dollars la tonne afin d’atteindre ses cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Photo : Daniel Moqvist / Unsplash

OTTAWA — Le gouvernement fédéral a dévoilé une stratégie de 15 milliards de dollars pour respecter ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui inclut une hausse annuelle de sa taxe sur le carbone pour les dix prochaines années.

« [On] ne devrait pas permettre que la pollution soit gratuite, nulle part au pays », a déclaré vendredi le premier ministre Justin Trudeau.

Le prix de la taxe sur le carbone augmentera de 10 dollars la tonne jusqu’à ce qu’il atteigne 50 dollars en 2022. Puis, la hausse annuelle passera à 15 dollars la tonne.

D’ici 2030, le prix de la taxe sur le carbone doit être de 170 dollars la tonne —  assez, disent les fonctionnaires fédéraux, pour augmenter le prix de l’essence à la pompe de 27,6 cents le litre.

M. Trudeau a souligné que la taxe continuerait de faire l’objet de remboursements et que la plupart des familles devraient récupérer plus qu’elles n’ont payé.

« Nous allons continuer d’augmenter le prix sur la pollution, en nous ‘assurant que nous donnons encore plus d’argent aux Canadiens et aux familles », a déclaré le premier ministre.

« S’il y a des premiers ministres qui continuent de refuser d’accepter que le seul plan pour l’avenir de l’économie, c’est un plan aussi pour protéger l’environnement, soit. Mais nous allons nous assurer que partout au Canada, la pollution n’est plus gratuite », a aussi affirmé M. Trudeau devant les journalistes.

Concernant le Québec, il a déclaré que le système de la province était « très robuste et ambitieux » et qu’il n’y avait pas lieu « d’imposer quoi que ce soit au Québec ».

Le plan fédéral dévoilé vendredi prévoit aussi des investissements supplémentaires de 8 milliards de dollars en environnement qui s’ajoutent aux 7 milliards de dollars déjà annoncés.

Ces sommes vont servir à l’adaptation d’équipements comme les arénas et autres qui pourraient bénéficier de technologies d’énergie renouvelable, de biocarburant ou d’hydrogène ainsi que pour mettre fin à la dépendance au diesel dans les communautés isolées.

Un fonds de 3 milliards de dollars est aussi réservé pour encourager les grands pollueurs à adopter des stratégies vertes comme le captage du carbone.

Les collectivités doivent obtenir 1,5 milliard de dollars pour rénover les infrastructures et les villes éloignées, près d’un milliard de dollars, pour les aider à se débarrasser des combustibles fossiles.

La stratégie vise à atteindre une cible de 32 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à 2005 d’ici 2030, ce qui est légèrement plus que l’engagement des libéraux d’une réduction de 30 %.

Ottawa espère même atteindre une baisse de 40 % des émissions de GES lorsque les provinces auront mis à exécution leur propre plan de lutte aux changements climatiques.

L’opposition insatisfaite

Le porte-parole du Parti conservateur en matière d’environnement, Dan Albas, a reproché aux libéraux de ne pas s’être assurés que les provinces étaient d’accord avant d’annoncer le plan.

« L’environnement est un domaine de compétence partagée et les conservateurs du Canada respecteront la compétence des provinces et des territoires en supprimant la taxe sur le carbone de Trudeau », a promis M. Albas.

Laurel Collins, porte-parole du NPD en matière d’environnement, a déclaré que l’objectif de réduction des émissions devrait être de 50 %. Elle a ajouté que le plan ne dépassait les objectifs fixés il y a des années par les conservateurs de Stephen Harper que de 2 %.

La chef du Parti vert, Annamie Paul, a accueilli favorablement le plan libéral, mais a également qualifié de dépassé l’objectif de réduction de 30 %. Des territoires tels que l’Union européenne visent 55 %, a-t-elle souligné.

Elle a aussi rappelé que le gouvernement libéral finançait toujours le développement des combustibles fossiles, comme l’expansion de l’oléoduc Trans Mountain.

L’Alberta et la Saskatchewan s’insurgent

Le ministre de l’Environnement de l’Alberta, Jason Nixon, a qualifié le plan de « nouvelle attaque contre l’économie de l’Alberta et les compétences de l’Alberta ».

Selon lui, avec ces nouvelles mesures, l’Alberta perdra des emplois et des investissements.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a accusé le M. Trudeau d’avoir trahi une promesse.

« Le gouvernement Trudeau s’était précédemment engagé à mener des consultations sur toute augmentation de la taxe sur le carbone au-delà de 2022, mais aucune consultation de ce type avec moi-même, le ministre de l’Environnement ou la province n’a eu lieu », a-t-il déploré.

Le Conseil canadien des affaires a pour sa part accueilli favorablement le plan fédéral.

« Les principales entreprises canadiennes prennent au sérieux la nécessité de lutter contre les changements climatiques », a soutenu le président Goldy Hyder.

Des questions en suspens

Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace Canada, a salué la volonté d’Ottawa sur la tarification du carbone.

« L’augmentation proposée du prix sur le carbone est une mesure audacieuse permettant d’appliquer le principe de pollueur-payeur qui est un élément essentiel d’un plan climatique, au même titre que des réglementations strictes et des investissements dans les énergies propres », a-t-il déclaré par communiqué.

M. Bonin a toutefois ajouté que le Canada ne pouvait pas «c ontinuer à prétendre qu’il peut résoudre la crise climatique tout en augmentant sa production de pétrole et de gaz et en construisant de nouveaux pipelines ».

« Nous attendons encore le plan qui démontrera comment le fédéral accélèrera la nécessaire et inévitable transition des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables (…) », a fait valoir M. Bonin.

Équiterre a dit accueillir favorablement les resserrements réglementaires prévus au nouveau plan climat du gouvernement fédéral. L’organisme a toutefois souligné par communiqué la nécessité de se doter de nouvelles cibles plus ambitieuses, « ce qui constitue une obligation pour affronter la crise climatique ».

« Est-ce que cette fois-ci sera la bonne ? Atteindrons-nous enfin nos objectifs? On l’espère! Mais l’Union européenne vient de dévoiler sa nouvelle cible d’au moins 55 % de réduction des GES d’ici à 2030 par rapport au niveau de 1990 », a relevé Marc-André Viau, directeur des relations gouvernementales d’Équiterre.

Le Réseau Action Climat est aussi resté sur sa faim, même s’il a salué plusieurs mesures.

« Malheureusement, à un moment où d’autres économies mettent un terme à l’expansion des investissements dans les énergies fossiles, ce plan ne change pas le fait que les gouvernements canadiens continuent d’investir dans les fossiles, soumettant les travailleurs et travailleuses et notre économie à la volatilité toujours croissante des marchés pétrolier et gazier », a souligné l’organisation dans un communiqué.

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J’aimerais bien que quelqu’un m’explique comment la taxe sur le carbone, telle que présentée par le gouvernement fédéral, va nous aider à diminuer notre production de gaz à effets de serre. Augmenter les prix diminue la consommation. Compris. Or, le gouvernement se tourne de bord pour nous rembourser l’augmentation. Il n’y a donc pas d’augmentation. Alors je ne comprend plus. On augmente, où on n’augmente pas? Suis-je le seul à voir ce non-sens?

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Où sont ces écolos faux-nez qui semblent dormir tranquille à la vue d’une telle pollution visuelle, qui détruit la santé, l’environnement depuis un siècle avec leurs torchères qui vomissent leur poison dans l’air 24/7, leurs oléoducs qui déversent de partout, pour remplir les réservoirs de bagnole qui elles vont à leur tour nous pourrir l’air avec leurs tuyaux d’échappement?

En plus de les subventionner à coup de milliards par année, pour qu’ils nous polluent et ils nous font payer leurs taxes de vidanges et leurs dégâts laissés derrière.

Alors qu’à la simple vue d’une palle d’éolienne ces faux écolos nous racontent des histoires abracadabrantes concoctées par les trolls du pétrole et répétées par les médias menteurs à propos d’une soi-disante pollution (imaginaire) causée par les énergies renouvelables et la mobilité électrique!!! 
Voir ce document qui expose ces mensonges.
https://acontresens-lefilm.fr/a-contresens-marc-muller-explique-son-film-explosif-sur-la-voiture-electrique/

M. Brideau a raison de se poser la question.

Oui il faut taxer à la hauteur des enjeux, mais il faut que ce soi dans un contexte d’arrêt des subventions au fossile et de diminution de production, sinon ces taxes ne deviennent qu’un exercice comptable, et les pétrolières sont des experts en irresponsabilité et en comptabilité créative (2 + 2 = 22)

Plus je pollue moins vite moins je pollue plus vite. Tsé!

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Pisser dans la piscine mais du haut du plongeoir!! (Coluche)

Quand je vois une photo de torchères comme ça je ne peux m’empêcher de penser à Coluche qui racontais qu’une personne qui s’est fait prendre à pisser dans la piscine donna comme excuse que oui mais tout le monde le fait, alors Coluche répond, oui mais pas du plongeoir.

Pour continuer à subventionner les pétrolières il faut trouver ça normal de pisser dans la piscine du plongeoir comme les raffineries de pétrole.

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