La téléconsultation ne créerait pas une pression sur les urgences, selon une étude

TORONTO — Une étude menée par des chercheurs de l’Association médicale de l’Ontario n’a trouvé aucune preuve que les patients qui ont déjà un médecin de famille se sont tournés vers les urgences des hôpitaux plutôt que de recourir à la téléconsultation au cours de la première année de la pandémie de COVID-19.

Les chercheurs affirment que l’étude, publiée lundi dans le Journal de l’Association médicale canadienne, est importante dans le contexte actuel, alors que certains réclament une réduction du recours aux téléconsultations, en invoquant la qualité des soins et un engorgement subséquent des urgences.

Selon l’étude, rien ne prouve que le passage vers les consultations virtuelles chez le médecin de famille au début de la pandémie ait conduit les patients à se tourner plutôt vers les services d’urgence pour obtenir des soins de première ligne.

Les chercheurs ont analysé les données de près de 8000 médecins ontariens qui pratiquent dans des groupes de santé familiale et des organisations de santé familiale avec des patients inscrits.

La présidente de l’Association médicale de l’Ontario, Rose Zacharias, a déclaré que le passage aux téléconsultations en première ligne au début de la pandémie a soulevé des questions quant à savoir si cette mesure avait exercé une pression supplémentaire sur les services d’urgence. 

Elle conclut que l’étude ne montre aucun lien là-dessus.

«Nous savons que les patients réintègrent le système de santé après une petite pause à cause de la pandémie. Ils se présentent de plus en plus malades. Nous savons aussi que nous faisons face à des pénuries de personnel et à l’épuisement professionnel de nos équipes soignantes (…) Nous savons que plus d’un million de personnes en Ontario n’ont pas de médecin de famille et n’ont d’autre recours que les urgences», a-t-elle déclaré.

«Mais ce que cela montre clairement, c’est qu’une hypothèse selon laquelle les médecins qui pratiquent les soins virtuels font augmenter le nombre de services d’urgence serait inexacte.»

Des chercheurs ont suggéré que les «cliniques virtuelles» sans rendez-vous pourraient ajouter une pression sur le système, plutôt que de le soulager.

Mais Mme Zacharias estime qu’il y a plusieurs avantages aux téléconsultations offerts par un médecin avec un patient connu. Elle a cité comme exemples les consultations pour renouveler une ordonnance ou examiner les résultats d’analyses de laboratoire, ou les consultations de suivi en santé mentale.

«Nous savons que dans plusieurs cas de figure, des soins de très haute qualité peuvent être offerts», a-t-elle dit.

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