La télédermatologie disponible dans toutes les régions du Québec dès le 4 juillet

MONTRÉAL — Une «petite révolution» s’annonce dans le milieu de la dermatologie au Québec cet été, alors qu’après quelques mois d’essais dans des régions ciblées, la télédermatologie sera disponible dans toute la province à compter du 4 juillet.

La nouvelle pourrait bien réjouir les quelque 80 000 personnes qui sont en attente d’obtenir un rendez-vous avec un dermatologue dans la province. Ces personnes ont un problème, mais leur condition n’étant pas jugée urgente, elles sont placées sur une liste d’attente.

Mais la donne pourrait bien changer très rapidement pour certaines d’entre elles. Grâce à la nouvelle Plateforme de soins virtuels, qui sera disponible à tous les médecins omnipraticiens dès le 4 juillet, les patients pourront avoir une réponse d’un spécialiste en moins de deux semaines, s’ils acceptent de passer par la télémédecine.

«La télédermatologie, c’est l’outil le plus puissant pour améliorer l’accès à la dermatologie», a plaidé la présidente de l’Association des médecins spécialistes dermatologues du Québec, Dre Dominique Hanna, lors d’une conférence de presse.

Voici comment cela fonctionnera: si un médecin omnipraticien juge que son patient a un problème qui vaudrait la peine d’être observé par un dermatologue, il pourra prendre des photos et les soumettre de façon confidentielle à des médecins spécialistes en passant par la plateforme.

Dans un délai de 7 à 14 jours, le médecin généraliste recevra une réponse du spécialiste et pourra poursuivre la collaboration avec son patient, sans que ce dernier n’ait eu à patienter plusieurs mois pour un rendez-vous en personne avec le dermatologue.

Le médecin et son patient pourront ensuite déterminer ensemble quelles étapes prendre pour la suite du processus. Mais si aucune étape supplémentaire n’est requise, le patient aura été fixé en quelques jours seulement, sans avoir à s’inquiéter pendant des semaines.

«La dermatologie, vous savez, c’est une spécialité de l’image. Notre diagnostic est basé sur l’analyse visuelle de la maladie, a rappelé la Dre Hanna. Alors, elle se prête particulièrement bien à la télémédecine.

«Avec la plateforme hautement sécurisée acquise par le ministère de la Santé et des Services sociaux, quelques renseignements cliniques bien ciblés et quelques photos cliniques bien prises, ça suffit pour que les dermatologues puissent poser un diagnostic et proposer une conduite au médecin qui, lui, a évalué le patient.»

Processus devancé

Les premiers projets-pilotes concernant la télédermatologie se sont amorcés en mars avec un nombre très limité de médecins dans trois régions — Laval, Laurentides et Lanaudière. La Montérégie et l’Outaouais se sont ajoutés en mai.

Une soixantaine de dossiers ont été traités, et forts de la réponse positive des médecins, les différents partenaires se disent prêts à élargir l’accès à toute la province.

«Quand on a commencé au mois de mars, volontairement, on a fait un déploiement très progressif et très contrôlé, donc on a ciblé quelques médecins de famille, quelques dermatologues, pour pouvoir vraiment tester tous les rouages technologiques et autres trajectoires de soins et pour s’assurer de corriger les petites embûches au fur et à mesure. La réponse est excellente», a assuré la Dre Hanna.

«Et ce qui est très intéressant aussi, c’est que même si c’est encore un petit nombre, ça tombe exactement en corrélation avec toutes les études et les publications du point de vue des chiffres et des pourcentages.»

La Dre Hanna a rappelé que selon de nombreuses études, 50 à 75 % des patients peuvent être traités en télédermatologie et n’ont pas besoin d’être vus en personne par un dermatologue.

Potentiel pour la suite

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, était particulièrement heureux de participer à cette annonce, lundi, qui s’inscrit dans son Plan pour mettre en œuvre les changements nécessaires en santé, lancé ce printemps.

«On a une belle application de plusieurs choses. C’est un élément qui s’inscrit dans le plan de santé, qui améliore l’expérience patient et où on fait affaire avec les technologies de l’information», a souligné le ministre Dubé.

Il a aussi indiqué que l’un de ses objectifs avec son plan est de faciliter l’accès à des ressources en première ligne, mais que d’améliorer la relation d’efficacité entre les médecins généralistes et les spécialistes ne sera que positif pour le patient.

Par ailleurs, l’idée d’intégrer d’autres services à la Plateforme de soins virtuels se pointe déjà à l’horizon.

«C’est le début, si on veut, d’un temps nouveau, parce qu’il y aura effectivement d’autres initiatives», a mentionné le Dr Vincent Oliva, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec.

«Pour le futur, ça va empêcher des consultations qui seraient peut-être moins utiles.»

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