La tuerie en Nouvelle-Écosse a fait au moins 19 morts, mais peut-être plus

HALIFAX — Au lendemain de la tuerie qui a fait au moins 19 morts dans sa province, le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, a expliqué que le système d’alerte en cas d’urgence n’avait pas été utilisé pour mettre en les citoyens en garde contre un tireur actif parce que la demande n’en avait pas été faite.

M. McNeil a expliqué que le Bureau de gestion des mesures d’urgence de la Nouvelle-Écosse doit être invité à émettre une alerte et que cette demande n’est jamais venue. Le premier ministre a toutefois refusé de jeter le blâme sur la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

«La province est en deuil. Il y aura beaucoup de questions, mais je peux vous dire qu’à ce stade-ci, je ne vais pas remettre en cause ce que quelqu’un au sein l’organisation a fait ou n’a pas fait», a-t-il déclaré.

Les policiers ont préféré se tourner vers Twitter pour avertir la population puisque la situation était toujours en cours, a fait valoir la caporale Lisa Croteau de la GRC.

Le premier avertissement publié sur le compte Twitter de la GRC de la Nouvelle-Écosse remonte à 23 h 32, heure locale, samedi. La publication invite les résidents de Portapique à rester chez eux avec les portes verrouillées et à éviter la zone où les policiers interviennent en raison d’une «plainte d’armes à feu».

La deuxième publication est venue dimanche matin, à 6 h 02, pour signaler que les policiers étaient toujours sur place et qu’il s’agissait d’une «situation de tireur actif». Puis, à 6 h 54, le suspect a été identifié et sa photo a été partagée.

Le surintendant principal Chris Leather a déclaré que la GRC s’était tournée vers Twitter parce que son compte est suivi par des milliers d’abonnés et que ce moyen de communication a été jugé «supérieur» dans le cas d’une intervention en cours.

Mais l’absence d’un avertissement émis par le système d’alerte provincial soulève selon lui de bonnes questions.

«Nous allons nous pencher là-dessus, a-t-il indiqué. Et j’espère avoir une réponse plus complète (mardi) ou dans les prochaines heures.»

Un uniforme et un véhicule de la GRC pour s’enfuir

Par ailleurs, les enquêteurs affirment que l’utilisation par le tireur d’un faux véhicule de police et d’un uniforme de la GRC pratiquement identique au véritable vêtement de travail l’a aidé à fuir sans être détecté, laissant derrière lui 16 scènes de crime.

La GRC a précisé lundi que le massacre de la fin de semaine en Nouvelle-Écosse avait fait au moins 19 morts, dont le tueur, mais que ce bilan devrait s’alourdir à mesure que l’enquête progressera.

Le surintendant principal Chris Leather affirme que les enquêteurs continuent de fouiller 16 scènes de crime dans le centre et le nord de la province. Or, cinq de ces scènes de crime impliquent des bâtiments incendiés et les enquêteurs s’attendent à ce que davantage de corps y soient retrouvés.

Selon M. Leather, certaines des victimes étaient connues du tueur alors que d’autres n’étaient pas du tout liées.

On sait maintenant que le tueur a notamment assassiné une policière de la GRC, une enseignante, deux infirmières, deux de ses voisins et deux agents correctionnels.

Les enquêteurs tenteront de faire la lumière sur l’une des pires tueries à survenir au Canada. Le tireur a été tué, dimanche, après que la police l’eut intercepté à une station d’essence à Enfield.

«Nous n’aurons jamais l’occasion d’interroger le sujet», a déclaré M. Leather, «mais nous pouvons dire que sa capacité à se déplacer dans la province sans être détecté a sûrement été grandement favorisée du fait qu’il avait un… véhicule qui semblait identique en tous points à une voiture de police identifiée, et qu’en plus, il portait un uniforme de police soit de très bonne fabrication, soit un véritable uniforme de police».