La Turquie lance une offensive contre les combattants kurdes en Syrie

AKÇAKALE, Turquie — La Turquie a lancé une offensive aérienne et terrestre visant à écraser les combattants kurdes dans le nord de la Syrie, mercredi, après le retrait des troupes américaines de la région, ouvrant la voie à un assaut contre des forces alliées aux États-Unis depuis longtemps.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a officiellement lancé en matinée l’offensive aérienne, qui fait suite à la décision surprise annoncée dimanche par le président américain Donald Trump de retirer les troupes américaines de la région pour ouvrir la voie à cette opération.

Un peu plus tard mercredi, le ministère turc de la Défense a affirmé que les forces terrestres turques avaient traversé la frontière dans le nord-est de la Syrie pour affronter les forces kurdes connues sous le nom de Forces démocratiques syriennes.

Au moins sept civils ont été tués par les frappes dans le nord-est de la Syrie au cours de la journée, selon des militants kurdes et une organisation civile qui comptabilise les victimes de la guerre. 

La décision de M. Trump tourner le dos aux forces kurdes représente un revirement majeur de la politique américaine dans la région. Les États-Unis abandonnent ainsi leurs seuls alliés en Syrie dans la lutte contre le groupe armé État islamique.

Il était difficile de savoir quelles cibles avaient été touchées pendant les premières heures de l’opération.

Un porte-parole des Forces démocratiques syriennes, Mustafa Bali, a déclaré que les avions de guerre turcs visaient des «zones civiles» dans le nord de la Syrie, provoquant «une énorme panique» dans la région.

Avant le début de l’offensive, les forces kurdes syriennes avaient lancé un appel à la mobilisation générale, mettant en garde contre une «catastrophe humanitaire».

L’opération turque, dont l’objectif déclaré est d’établir une «zone de sécurité» dans la région, présente des avantages et des risques potentiels pour la Turquie, qui s’immisce de plus en plus dans la guerre en Syrie. Cela risque également de raviver les affrontements sanglants dans la guerre syrienne qui dure depuis huit ans et de provoquer le déplacement de centaines de milliers de personnes supplémentaires.

La Turquie menace depuis longtemps d’attaquer les combattants kurdes en Syrie, qu’Ankara considère comme des «terroristes» alliés aux séparatistes kurdes de Turquie.

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