La vaccination contre la COVID-19 a commencé dans les Premières Nations du Manitoba

WINNIPEG — La distribution de vaccins a commencé dans une poignée de communautés autochtones du Manitoba alors qu’un groupe de travail a révélé que 61 % des personnes atteintes de la COVID-19 dans la province proviennent des Premières Nations.

L’équipe de coordination de la réponse à la pandémie des Premières Nations du Manitoba a indiqué qu’en date de lundi, il y avait 1578 cas actifs de COVID-19 sur les réserves et 514 hors des réserves parmi la population des Premières Nations.

Les Premières Nations représentent maintenant 40 % des nouvelles infections alors qu’ils ne forment que 10 % de la population du Manitoba.

Le docteur Brent Roussin, le médecin-hygiéniste en chef de la province, a affirmé que la propagation du virus dans les communautés éloignées et isolées pose des problèmes uniques.

Il y a moins d’accès aux soins de santé et à des logements alternatifs pour les personnes qui doivent s’isoler.

L’administration du vaccin est une priorité, a-t-il dit.

«Notre problème le plus pressant est la quantité de vaccins en ce moment», a-t-il soutenu.

Environ 5300 doses du vaccin de Moderna ont été réservées aux communautés autochtones au Manitoba. Il peut être entreposé et transporté plus facilement que le vaccin de Pfizer-BioNTech.

La province a déclaré que les 63 Premières Nations en recevraient une partie, mais les premières expéditions se dirigent vers les communautés dotées de foyers de soins personnels. Un deuxième envoi de doses est prévu le 23 février.

Le vaccin a commencé à arriver dans ces communautés jeudi dernier, dont 240 doses dans la Nation crie de Norway House. La Première Nation, établie à environ 455 kilomètres au nord de Winnipeg, donne la priorité au personnel des foyers de soins personnels, aux résidants et aux aînés de plus de 70 ans.

«Une tempête massive»

Le chef Larson Anderson a déclaré lundi dans un communiqué que la pénurie de logements, les soins de santé limités et les problèmes de santé sous-jacents chez de nombreux membres de la communauté pourraient entraîner une propagation rapide et dévastatrice du virus.

«Cette expérience, c’est comme faire partie d’un équipage sur un bateau dans le vaste océan. Malheureusement, le bateau a de nombreuses fuites et dommages et a constamment besoin de réparations, a-t-il illustré. La pandémie est comme une tempête massive qui frappe le bateau et rend une situation déjà dangereuse encore plus critique.»

Il a salué la résilience de la communauté pour maintenir les infections à un faible niveau – 48 personnes dans la réserve ont reçu un diagnostic positif et aucun des cas n’est actuellement actif.

Une deuxième vague difficile

Les Premières Nations ont été frappées de plein fouet par la pandémie au cours de la deuxième vague. Alors que le nombre d’infections quotidiennes au Manitoba a commencé à diminuer, le taux de positivité au test sur cinq jours chez les Premières Nations est de 19 % pour les personnes vivant dans les réserves et de 16 % pour celles vivant hors réserve.

Les patients issus des Premières Nations représentent une plus grande proportion des hospitalisations, dont 38 % de toutes les personnes soignées aux soins intensifs. L’âge médian de décès pour les gens des Premières Nations est de 66 ans, alors qu’il est de 83 ans pour le reste de la population du Manitoba.

Selon Services aux Autochtones Canada, en date de vendredi, on comptait 10 217 cas positifs de COVID-19 dans les communautés autochtones depuis le début de la pandémie. Le ministère ne recense pas les cas hors des réserves.

La Première Nation de Peguis, établie à environ 190 kilomètres au nord de Winnipeg, a reçu 250 doses de vaccin pour les résidants et les travailleurs de première ligne de son centre pour personnes âgées. Dans une publication Facebook, lundi, la Première Nation a publié des images d’aînés qui ont reçu le vaccin, tenant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: «Le premier. Je vous remercie». Ils étaient entourés de professionnels de la santé qui applaudissaient.

Le chef de la Première Nation de York Factory, Leroy Constant, a annoncé en ligne que les premières doses de la réserve sont arrivées par vol nolisé la semaine dernière. La communauté au nord de Thompson a donné la première dose de vaccin à un aîné lundi.

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