La «Veuve noire» a enfreint ses conditions de remise en liberté, selon la police

HALIFAX – Moins d’un mois après être sortie de prison, l’octogénaire surnommée «la Veuve noire» dans les Maritimes est accusée d’avoir violé son engagement de ne pas troubler l’ordre public.

La police de Halifax a indiqué mardi que Melissa Ann Shepard faisait maintenant face à trois chefs d’accusation pour le non-respect de cet engagement.

Elle a été surnommée «la Veuve noire» en raison de son lourd passé criminel dans ses liaisons avec des hommes rencontrés au Canada et aux États-Unis.

L’accusée a été arrêtée lundi après qu’un agent de la police communautaire l’a surprise à naviguer sur Internet à la bibliothèque centrale de Halifax. Après son arrestation, la police dit avoir trouvé en sa possession un téléphone portable qui lui permet d’accéder à Internet, ce qui constitue également une violation de son engagement à ne pas troubler l’ordre public, qui comprend 22 conditions. Mme Shepard est également accusée d’avoir enfreint sa promesse de garder la paix et d’avoir une bonne conduite.

La «Veuve noire» a été libérée après s’être engagée à ne pas approcher à moins de 25 mètres d’une bibliothèque. Elle doit comparaître en cour le 24 mai pour répondre à ces nouvelles accusations. Si elle était reconnue coupable, elle pourrait être condamnée à une nouvelle peine de prison.

Melissa Ann Shepard avait été libérée de prison en mars dernier après avoir purgé une peine d’un peu moins de trois ans pour avoir mis des tranquillisants dans le café de son tout nouvel époux. La récidiviste venait d’épouser Fred Weeks, son quatrième mari, et le couple était en lune de miel en septembre 2012 lorsque le nouveau marié, âgé de 75 ans, est tombé gravement malade. Mme Shepard a reconnu avoir versé de la benzodiazépine, un tranquillisant, dans les boissons de son époux, qui avait survécu.

Mme Shepard avait déjà été reconnue coupable d’homicide en 1992 à la suite de la mort de son deuxième époux, Gordon Stewart, qu’elle avait drogué avant de rouler en voiture sur son corps à deux reprises. Elle avait aussi été condamnée à cinq ans de prison en 2005 pour avoir détroussé un homme de Floride qu’elle avait connu sur internet.

Lors de sa libération, les autorités avaient prévenu que Mme Shepard ferait l’objet d’une surveillance particulière mais son arrestation lundi a été fortuite, selon la police de Halifax. C’est vraiment «un agent qui passait par là» qui l’a reconnue à la bibliothèque, devant un écran d’ordinateur, a-t-on indiqué mardi.

Mme Shepard a l’habitude de changer son apparence et d’utiliser plusieurs identités. Avant sa libération en mars, la Commission des libérations conditionnelles avait aussi prévenu qu’en prison, elle avait tendance à inventer ou nier des événements, et était incapable de mesurer les conséquences de ses actes.