La Ville de Longueuil renonce à abattre une quinzaine de cerfs

LONGUEUIL, Qc — La Ville de Longueuil a annoncé lundi soir qu’elle renonce à son opération controversée pour abattre une quinzaine de cerfs de Virginie d’un parc municipal.

Dans une déclaration écrite, la mairesse Sylvie Parent explique que «la menace que pose (sic) aujourd’hui certaines personnes afin de nuire, voire contrecarrer la mise en œuvre de l’opération de contrôle ponctuelle de la population de cerfs dans le parc Michel-Chartrand, nous force à envisager une autre option».

«En conséquence, j’ai demandé au directeur général de la Ville de Longueuil de prendre tous les moyens afin de remplacer l’autorisation obtenue pour que le ministère puisse plutôt permettre le déplacement de 15 cerfs de Virginie du parc Michel-Chartrand vers un site autorisé et que le ministère précise les modalités de ce déplacement», écrit-elle.

La municipalité de la Rive-Sud avait annoncé plus tôt en novembre sa décision d’euthanasier une quinzaine de cerfs en raison de la surpopulation dans le parc. Selon les autorités municipales, cette surpopulation menace l’avenir écologique du parc, le risque d’accidents de la route est augmenté de même que celui de transmission de la maladie de Lyme. L’abattage des cerfs était approuvé par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec et appuyé par un large consensus au sein de la communauté scientifique, a souligné la mairesse.

Le déplacement des cerfs devra se faire au cours des prochaines semaines, a indiqué la mairesse Parent, expliquant qu’il est important pour sa ville de réduire rapidement le cheptel.

Des manifestations ont eu lieu au cours des derniers jours pour le sauvetage des cerfs et trois personnes ont été arrêtées pour des menaces envers la mairesse.

Il n’a pas été possible de préciser les intentions de la mairesse. Comme il en a l’habitude, son cabinet a indiqué qu’elle n’accordera pas d’entrevues et ne répondra pas aux questions des journalistes.

Injonction

Plus tôt lundi, l’avocate et militante des droits des animaux Me Anne-France Goldwater avait menacé d’entamer des procédures judiciaires contre la Ville de Longueuil si elle ne suspendait pas le début de l’opération d’abattage.

Lors d’une conférence de presse virtuelle organisée par Sauvetage Animal Rescue, une organisation qui a pour mission de protéger les animaux en détresse, Me Goldwater a dit souhaiter discuter avec la Ville de Longueuil à propos de solutions pour éviter que cette «tuerie» n’ait pas lieu.

La flamboyante avocate, qui avait pris la défense des pitbulls montréalais au cours des dernières années, a dit trouver «extrêmement difficile à supporter qu’on va abattre des animaux pour rien».

Me Goldwater a expliqué que sa requête remettrait en question la décision de la municipalité d’aller de l’avant avec l’abattage des cerfs «de manière si empressée, sans consultation publique». La requête contiendrait une demande d’injonction interlocutoire pour suspendre l’opération.

Le permis d’abattage que détient Longueuil est entré en vigueur lundi et demeure valide jusqu’au 4 décembre. Plusieurs policiers étaient présents au parc lundi.

– Texte de l’Initiative de journalisme local

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