La Ville de Montréal veut interdire les sacs de plastique d’ici 2018

MONTRÉAL – La Ville de Montréal va de l’avant avec son plan d’interdire les sacs de plastique dans les commerces d’ici le mois de janvier 2018.

Le maire Denis Coderre a affirmé lundi que cette décision reflétait la volonté des Québécois, qui souhaitent devenir des consommateurs plus responsables.

«Avec cette interdiction ciblée qui laisse une période d’ajustement jusqu’au 31 décembre 2017, nous nous assurons de prendre les bons moyens pour le développement durable et la qualité de vie des Montréalais par une réduction à la source», a-t-il déclaré en conférence de presse.

La Commission sur l’eau, l’environnement, le développement durable et les grands parcs s’est prononcée en faveur de ce bannissement limité en décembre.

Un projet de règlement sera prochainement proposé au conseil municipal et devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2018. Si le plan du maire est entériné, Montréal sera la première métropole canadienne à procéder à ce changement.

Le responsable du développement durable, de l’environnement, des grands parcs et des espaces verts au comité exécutif, Réal Ménard, a indiqué que deux types de sac de plastique seraient touchés par cette mesure: les sacs légers de moins de 50 microns et généralement distribués aux caisses et les sacs de type oxo «qui ont des impacts importants sur le plan de l’enfouissement tout comme sur nos écosystèmes vu leur volatilité, leur façon de se décomposer et le temps que ça prend pour une telle décomposition».

Certains sacs ne seront pas interdits. M. Ménard a donné l’exemple des sacs de médicaments, des sacs minces pour fruits et légumes ainsi que des housses pour le nettoyeur.

«On fait présentement un choix de société. On ne bannit pas l’ensemble des sacs de plastique, c’est un type de sacs de plastique. Qu’on fasse preuve d’innovation du côté de l’industrie du sac de plastique et qu’elle s’ajuste en conséquence», a rappelé M. Coderre.

L’annonce des autorités montréalaises n’a pas réjoui l’Association canadienne de l’industrie des plastiques (ACIP) qui a réclamé une rencontre avec le maire Coderre. «Le bannissement des sacs de plastique de moins de 50 microns va trop loin, a affirmé un porte-parole de l’ACIP, Marc Robitaille. Nous voulons maintenant rencontrer les élus et fonctionnaires le plus rapidement possible pour expliquer pourquoi. Nous ne comprenons pas l’urgence d’agir alors que le maire venait juste d’annoncer la création d’un groupe de travail pour étudier ce dossier. Montréal gère déjà les sacs de plastique de façon durable. Cette mesure va nous ramener au XXe siècle.»

En 2012, Toronto avait eu l’intention d’imposer cette interdiction, mais sans succès. Les municipalités de Vancouver et de Victoria, en Colombie-Britannique, envisagent d’interdire les sacs de plastique sur leur territoire. Cinq municipalités canadiennes de plus petite taille ont instauré cette politique depuis 2007.

Le plan de la Ville de Montréal pourrait également se propager dans les quelque 80 villes comprises dans la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

La Ville de Brossard, en banlieue de Montréal, avait pris de l’avance la semaine dernière en présentant sa propre politique d’interdiction des sacs de plastique, qui sera en vigueur à partir du 1er septembre.

«Dans quelques années, ces sacs de plastique qu’on jetait par milliards après une seule utilisation seront considérés comme des choses du passé», a souligné M. Coderre.

Après s’être attaqué aux sacs de plastique, M. Coderre songe à s’attaquer aux bouteilles d’eau. «Après cela, la prochaine étape, on va s’aligner sur la question des bouteilles d’eau. Ça va être essentiel, ça va être important», a-t-il déclaré.