La violence fait rage dans le nord du Mozambique

JOHANNESBOURG, Afrique du Sud — De violents combats font rage dans le nord du Mozambique pour le contrôle de la ville stratégique de Palma.

Des corps décapités jonchaient les rues lundi, pendant que des rebelles lourdement armés affrontaient l’armée, les policiers et une milice privée.

Des milliers de personnes sont portées disparues de la ville, qui comptait quelque 70 000 habitants avant que la violence n’éclate mercredi.

Daech (le groupe armé État islamique) a revendiqué l’attaque lundi.

Les djihadistes prétendent avoir pris le contrôle des banques, des bureaux gouvernementaux, des usines et des baraques de l’armée à Palma. Une cinquantaine de personnes auraient été tuées, dont des soldats mozambicains, des chrétiens et des étrangers.

Les États-Unis ont désigné plutôt ce mois-ci les rebelles mozambicains comme étant une organisation terroriste et ont envoyé des conseillers militaires former l’armée nationale pour les combattre.

Palma se trouve au coeur d’un investissement de plusieurs milliards de dollars par le géant français des hydrocarbures Total, qui veut extraire du gaz naturel liquéfié de plusieurs sites dans l’océan Indien. Ces gisements gaziers compteraient parmi les plus importants du monde.

Chiffré à 20 milliards $ US, l’investissement par Total et d’autres est l’un des plus importants en Afrique.

Les combats à Palma ont contraint Total à évacuer ses installations fortifiées à quelques kilomètres de la ville.

Lionel Dyck, le patron du Dyck Advisory Group, une milice privée embauchée par la police mozambicaine, a dit avoir déployé plusieurs hélicoptères pour secourir des civils et repousser les rebelles.

Ses hommes ont affronté plusieurs petits groupes et un grand groupe d’insurgés, a-t-il dit, et secouru plus de 200 personnes.

Les rebelles sont lourdement armés avec des fusils d’assaut AK-47, des mitrailleuses et des mortiers, a-t-il ajouté.

«Nous ne sommes pas surpris par cette attaque. On s’attendait à ce qu’ils ciblent Palma dès que les pluies cesseraient, et c’est maintenant, a-t-il dit. Ils ont eu le temps de se préparer et ils sont plus agressifs.»

M. Dyck a fait état de plusieurs décapitations et prévenu qu’il ne sera pas facile pour le gouvernement mozambicain de reprendre le contrôle de Palma.

«Ils doivent avoir assez d’hommes pour balayer toute la ville, passer de maison en maison, et tout nettoyer. C’est le plus difficile, a-t-il expliqué. Ce sera très difficile, sauf si une force compétente et bien encadrée est déployée. Ce n’est pas impossible, mais ce ne sera pas facile.»

Sans le contrôle de Palma, les activités de Total sont menacées, ont dit des analystes.

La bataille pour Palma ressemble aux tactiques utilisées par les rebelles pour capturer le port de Mocimboa da Praia en août. Les insurgés avaient envoyé des hommes vivre sur place, avant d’attaquer sur trois fronts. Les rebelles ont pris le contrôle de la ville, à environ 75 kilomètres au sud de Palma, après une semaine de combats, et ils y sont toujours.

Plusieurs milliers de rebelles seraient actifs dans le nord du Mozambique.

Connus localement sous le nom d’Al-Shaabab, même si on ne leur connaît aucun lieu avec le groupe somalien du même nom, les rebelles seraient à l’origine de violences qui ont fait plus de 2600 morts et chassé plus de 670 000 personnes de chez elles.

Un représentant de Médecins sans frontières a dit que l’attaque contre Palma ne fera qu’aggraver une situation humanitaire déjà difficile, notamment dans la province de Cabo Delgado.

– Par Andrew Meldrum, The Associated Press

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