La violence sexuelle est bien présente dans les milieux universitaires au Québec

MONTRÉAL – Plus du tiers des personnes étudiant ou travaillant dans les universités québécoises, soit 36,9 pour cent, ont été victime d’au moins une forme de violence sexuelle commise par une autre personne affiliée à l’université, rapporte une nouvelle enquête sur la sexualité, la sécurité et les interactions en milieu universitaire rendue publique lundi.

En 2014, une équipe indépendante soutenue par le Réseau québécois en études féministes, le Service aux collectivités de l’UQAM et le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel a mis en chantier cette recherche sur les violences sexuelles en milieu universitaire, une première initiative du genre au Québec.

Partant d’une définition large de la violence sexuelle, la recherche a porté sur différents types de manifestation, tels que l’agression sexuelle, l’exhibitionnisme, le voyeurisme, le harcèlement sexuel, le cyberharcèlement, l’attouchement non désiré, la menace de viol, le chantage sexuel et diverses formes de comportements sexuels non désirés ou non consensuels.

Plus du quart des répondants, soit 24,7 pour cent, ont rapporté au moins une forme de violence sexuelle en milieu universitaire au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. De plus, chez les personnes ayant rapporté de telles violences sexuelles, 41,8 pour cent affirment en avoir vécu deux ou trois formes différentes.

Certains groupes sociaux semblent davantage exposés aux violences sexuelles en milieu universitaire, soit les femmes, les individus issus de minorités sexuelles et de minorités de genre, les personnes déclarant avoir un handicap ou un problème de santé ayant un impact dans leur vie quotidienne et les étudiants étrangers.

Plus du tiers des personnes ayant affirmé avoir été victime de violence sexuelle en milieu universitaire n’ont jamais dévoilé la situation à quiconque. Par conséquent, les victimes reçoivent rarement des services d’aide et les gestes commis ne peuvent faire l’objet de mesures disciplinaires.

Plus de 9200 personnes, dont 70 pour cent d’étudiants, ont participé à cette recherche indépendante.

À la lumière des résultats de l’enquête, les chercheuses formulent plusieurs recommandations afin de mobiliser les instances concernées et interpeller la communauté universitaire. Elles recommandent notamment la création d’un environnement physique sécuritaire pour la communauté universitaire, la mise en œuvre de campagnes permanentes de sensibilisation en matière de violence sexuelle adaptées aux différents groupes de la communauté universitaire, la création d’une ressource spécialisée en matière de violence sexuelle accessible à l’ensemble de la communauté universitaire et le financement de projets de recherche dans le domaine des violences sexuelles en milieu universitaire.