La visite de Kishida rappelle les besoins du Japon en ressources énergétiques

OTTAWA — Le premier ministre du Japon, Fumio Kishida, effectuera la semaine prochaine une première visite officielle en sol canadien.

Le Japon espère que le Canada pourra lui fournir du gaz naturel liquéfié, un produit dont il a grandement besoin.

La visite de M. Kishida s’inscrit dans sa tournée qui l’amènera aussi à Washington et à Londres. Le Japon préside le G7 en 2023. Il compte encourager de grands investissements afin de pouvoir couper les liens avec les régimes autoritaires. Il veut notamment augmenter la production de semiconducteurs et favoriser la récupération des métaux rares dans les déchets électroniques.

M.  Kishida doit arriver mercredi à Ottawa. Il quittera la capitale canadienne dès le lendemain.

Il sera le premier chef de gouvernement asiatique à venir au Canada depuis l’annonce par le gouvernement fédéral de sa politique indo-pacifique, en novembre. Le gouvernement canadien souhaite établir des liens plus étroits avec cette région du globe afin de contre-équilibrer l’influence chinoise.

De son côté, le Japon souhaite se défaire de sa dépendance de la Chine et de la Russie pour ses importations d’électricité et de nourriture. M. Kishida a créé un ministère de la Sécurité économique à cette fin. Il souhaite aussi relancer les réacteurs nucléaires fermés depuis le désastre de Fukushima en 2011.

Trevor Kennedy, le vice-président, commerce et politique internationale, du Conseil canadien des Affaires affirme que M. Kishida demandera à son homologue canadien, Justin Trudeau, un engagement plus poussé à exporter du gaz naturel liquéfié et exprimera un intérêt à l’hydrogène.

«Le Japon est pris dans une situation où il doit importer du gaz naturel liquéfié de la Russie. Il n’a pas d’autres solutions», souligne M. Kennedy qui a déjà travaillé dans le pays du soleil levant.

Le Japon et la Corée du Sud ont investi dans la construction d’un premier terminal de gaz naturel liquéfié, à Kitimat, en Colombie-Britannique dont les activités doivent s’amorcer en 2025.

M. Kennedy dit que ces deux pays et les entreprises canadiennes surveillent si l’échéancier sera respecté, étant donné les retards accusés par les autres grands projets énergétiques au Canada.

Il ajoute que le secteur énergétique canadien, Tokyo et Séoul voudraient que le gouvernement fédéral stimule la production de gaz naturel liquéfié en agrandissant le terminal ou en en construisant d’autres. Sinon, le Japon et la Corée du Sud demeureront dépendants de la Russie ou même de la Chine.

Le mois dernier, la ministère des Affaires étrangères Mélanie Joly a indiqué que l’objectif du Canada était d’être aussi proche de la Corée du Sud et du Japon qu’il l’est de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni.

M. Kennedy croit que le gouvernement canadien devrait s’occuper de ce dossier avec un sentiment d’urgence.

«Nous devons être plus déterminés dans cet engagement, commente-t-il. Il faut adopter un nouvel état d’esprit et bien comprendre qu’ils sont nos voisins.»

Les premiers ministres Trudeau et Kishida devraient tracer un bilan du plan d’action annoncé par les deux pays en octobre. Les deux pays souhaitent renforcer leur coopération dans plusieurs domaines, notamment la lutte à la pêche illégale et le partage de renseignements militaires.

M. Kishida pourrait aussi exprimer son soutien au souhait du Canada d’adhérer au Cadre économique indo-pacifique pour la prospérité, une organisation qui regroupe les États-Unis et 13 autres États de la région Indo-Pacifique dont le Japon, l’Inde, la Corée du Sud et l’Australie. Ottawa dit que tous les membres souhaitent la participation du Canada.

Dans le communiqué annonçant la visite de M. Kishida, le cabinet du premier ministre Trudeau a rappelé que «le Japon était la troisième plus importante économie nationale du monde, l’un des plus importants partenaires économiques et commerciaux du Canada, et le plus important partenaire bilatéral du Canada au chapitre des investissements étrangers directs en Asie».

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