La vitesse des trains est la principale cause de décès d’animaux à Banff et Yoho

EDMONTON — La vitesse des trains est l’un des principaux facteurs des décès d’animaux sauvages dans les parcs nationaux Banff et Yoho, en Alberta et en Colombie-Britannique, indique une étude portant sur 646 décès d’animaux sauvages.

La recherche, publiée plus tôt cette semaine dans la revue Nature’s Scientific Reports, a étudié les décès des animaux tués par des trains entre 1995 et 2018. On y recensait 59 ours; 27 loups, coyotes, cougars et lynx; et 560 cerfs, élans, orignaux et moutons. 

«Le principal prédicteur était la vitesse des trains», déclare la principale autrice de l’article, Colleen Cassady St. Clair, professeure en sciences biologiques à l’Université de l’Alberta.

«Plus d’animaux sont morts là où les trains voyageaient plus vite.»  «Ensuite, il y avait la distance à l’eau, puis la (quantité) d’eau près de l’endroit de l’accident et puis la courbure des voies.» 

Selon la Pre Cassidy, la vitesse des trains et la courbure de la voie empêchent la faune de détecter les trains, tandis que la présence de l’eau — surtout s’il y en a de grande quantité — entrave leur capacité à sortir des voies avant d’être heurtée.

L’étude s’appuie sur un projet de recherche de cinq ans financé par Parcs Canada et le Chemin de fer Canadien Pacifique de 2010 à 2015, qui portait sur les grizzlis heurtés par des trains dans les deux mêmes parcs. On avait alors conclu que donner aux grizzlis de meilleures voies de déplacement et de meilleures lignes de visibilité le long de la voie ferrée était la meilleure façon de les protéger. 

Cassady St. Clair espère que la dernière étude «permettra d’identifier les mesures d’atténuation et les emplacements qui réduiront les problèmes pour toute la faune, pas seulement les grizzlis». 

La recherche conclut que des mesures d’atténuation efficaces pourraient porter sur la vitesse des trains et la capacité de la faune à les voir, en particulier dans les virages des voies près de l’eau. 

Le Canadien Pacifique a indiqué dans un communiqué vendredi que l’entreprise avait collaboré avec Parcs Canada au cours de la dernière décennie pour en savoir plus sur la façon dont la faune interagit avec le réseau ferroviaire.  «Le CP s’est engagé avec Parcs Canada et l’Université de l’Alberta tout au long de ce programme à s’assurer que les mesures d’atténuation mises en œuvre par le CP reposent sur la science», a déclaré la compagnie.

Elle n’indiquait pas si l’entreprise envisagerait de réduire la vitesse des trains. 

Le co-auteur Jesse Whittington, un écologiste du parc national Banff, réitère que  les trains sont l’une des principales causes de décès d’animaux dans les deux parcs.

«Les trains qui traversent les parcs nationaux de Banff et Yoho tuent près de 30 animaux par an», signale M. Whittington, qui ajoute que les animaux empruntent les voies ferrées pour se déplacer et accéder à la nourriture.

La dernière étude aidera Parcs Canada à comprendre où les animaux sauvages sont tués, pourquoi ils sont frappés à cet endroit et à quel moment de l’année ils sont le plus susceptibles d’être touchés. 

«Le risque de mortalité était le plus élevé dans les zones où les animaux avaient du mal à détecter les trains et où ils avaient du mal à s’échapper des trains, explique-t-il. Les animaux ont eu des difficultés à détecter les trains là où les trains roulaient rapidement et dans les zones à forte courbure. Les trains peuvent être étonnamment silencieux lorsqu’ils se déplacent en descente ou lorsqu’ils arrivent à un virage.» 

M. Whittington a donné comme exemple une femelle grizzli adulte tuée par un train en septembre. Elle était dans une zone avec une forte pente à côté de la rivière Bow.

«Il y avait peu d’endroits où elle pouvait sortir des sentiers battus.»  La dernière étude a également révélé que les grizzlis étaient plus susceptibles d’être tués à la fin du printemps lorsque le niveau de l’eau de la rivière Bow est souvent plus élevé. D’autres carnivores et ongulés étaient plus susceptibles d’être heurtés par les trains en hiver. 

«Quand nous avons de la neige profonde, nous trouvons souvent des élans et des cerfs le long des pistes», signale M. Whittington.

M. Whittington dit que certains de ses collègues de Parcs Canada travaillaient à améliorer les itinéraires pour les animaux loin de la voie ferrée en créant davantage de sentiers dans la forêt. Les équipes de pompiers s’efforcent également de créer un meilleur habitat faunique dans tout le parc grâce aux feux dirigés. 

«Nous avons beaucoup d’arbustes épais qui se sont accumulés au fil des ans, ce qui rend difficile pour les animaux de voyager à travers le paysage, note-t-il. À ce jour, nous avons dégagé plus de 50 kilomètres de sentiers fauniques à travers Banff,  à la fois dans les zones autour de ces points chauds et dans d’autres zones qui sont des points de pincement. Nous espérons que cela aidera.»

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