L’accord avec les Wet’suwet’en leur reconnaît des droits et un titre ancestral

SMITHERS, C.-B. — Le projet d’accord entre les chefs héréditaires qui s’opposent au projet de gazoduc Coastal GasLink dans le nord de la Colombie-Britannique et les gouvernements fédéral et provincial reconnaît des droits et un titre ancestral aux Wet’suwet’en en vertu du système de gouvernance de la Première Nation.

La lettre d’entente conclue il y a plus de deux mois a été publiée mardi par les Wet’suwet’en sur leur site Internet.

Le document ne traite pas de l’opposition des Wet’suwet’en au gazoduc qui est en train d’être construit sur leur territoire par Coastal Gaslink.

Il fixe des délais pour les négociations touchant la compétence en matière d’aménagement du territoire, de ressources, d’eau, de faune, de poisson et de bien-être des enfants et des familles, entre autres.

L’accord, daté du 1er mars, a été conclu alors que des barricades entravaient les principales voies ferroviaires et ont forcé la fermeture de certains pans de l’économie canadienne.

Les chefs élus des nations wet’suwet’en ont déclaré qu’ils n’appuyaient pas l’accord, car il avait été négocié à huis clos.

Cinq conseils élus des Wet’suwet’en ont signé des accords avec Coastal Gaslink relativement au gazoduc de 670 kilomètres traversant le nord de la Colombie-Britannique jusqu’à Kitimat.

Les Wet’suwet’en sont régis à la fois par un système de chef héréditaire traditionnel et par des conseils de bande élus.

Coastal GasLink a l’approbation du gouvernement pour la construction du pipeline, mais les chefs héréditaires wet’suwet’en affirment que l’entreprise n’a pas le droit de construire le pipeline sur leur territoire sans leur consentement.

Les chefs héréditaires wet’suwet’en ont invité le ministre des Relations avec les Autochtones de la Colombie-Britannique, Scott Fraser, et Carolyn Bennett, la ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones, à signer l’entente jeudi.

Le différend sur le pipeline a également soulevé d’autres enjeux de droits territoriaux et de titres non résolus, y compris qui a le droit de négocier avec les gouvernements et les entreprises, le fait que les terres ne sont pas couvertes par un traité et restent non cédées, et une affaire judiciaire datant de 1997 qui a reconnu l’autorité des chefs héréditaires et le droit exclusif des Wet’suwet’en sur le territoire, mais sans en préciser les limites.

Le gazoduc a d’abord déclenché de nombreuses manifestations à travers le pays en janvier 2019 lorsque la GRC a exécuté une injonction obtenue par l’entreprise pour démanteler les obstacles qui entravaient une route forestière éloignée dans le nord de la Colombie-Britannique.

Des manifestations plus importantes ont eu lieu à travers le pays en février après que la GRC eut exécuté une deuxième injonction.