L’ACIA bloque l’importation des soi-disant «substituts de repas» Soylent

La soi-disant «boisson repas» de marque Soylent, qui devait sonner la «fin de l’alimentation» telle qu’on la connaissait jusqu’ici, selon le magazine «The New Yorker», ne peut plus être importée au Canada car elle ne respecte pas les normes fédérales de catégorisation des produits.

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a prévenu Soylent plus tôt ce mois-ci que ces boissons et poudres ne pouvaient plus être considérées comme des «substituts de repas», et que leur importation au Canada devrait donc cesser.

Par contre, l’ACIA n’ordonne pas le rappel des produits Soylent que les consommateurs posséderaient déjà, car ces boissons ne comportent pas en soi de risques pour la santé: elles ne sont simplement pas reconnues comme des substituts de repas par l’agence canadienne.

Dans une déclaration publiée sur le site internet de Soylent, le président, Rob Rhinehart, souhaite se conformer le plus tôt possible aux normes de l’ACIA, même si l’entreprise «croit fermement que ces normes ne reflètent plus la compréhension actuelle que l’on a des besoins nutritionnels de l’être humain». M. Rhinehart ne sait pas combien de temps il faudra à son entreprise pour se conformer aux normes de l’agence canadienne.

La marque Soylent, qui offre des substituts de repas sous forme de boisson et de poudre, a été lancée en 2013 alors que M. Rhinehart travaillait dans la très bourdonnante Silicon Valley, en Californie. Les concepteurs partent du principe que dans un monde obsédé par le travail, les gens très occupés ne devraient pas perdre de leur précieux temps à préparer à la maison des repas qui seraient, de toute façon, parfois plus coûteux et moins nutritifs que les substituts. «Pourquoi perdre du temps à se nourrir quand il y a tant à faire?», plaide-t-on grosso modo.

Le produit — qui contiendrait les proportions adéquates de protéines, de glucides et de lipides pour un repas — est vendu davantage comme un «art de vivre» que comme une simple boisson. L’entreprise avait lancé en 2013 une campagne de sociofinancement qui avait recueilli plus de 700 000 $ US, et la marque Soylent a connu ensuite une rapide croissance. Le produit était offert au Canada depuis 2015 par commandes électroniques, mais pas sur les tablettes des magasins.

En octobre 2016, la société mère, Rosa Foods, avait dû rappeler des «barres alimentaires» contenant une première version de la poudre Soylent, parce que certains consommateurs s’étaient plaints de troubles gastro-intestinaux. Cette barre alimentaire n’est pas réapparue sur le marché depuis.