L’activité physique réduirait l’incidence de cancer du sein

MONTRÉAL — Plus de temps passé à bouger et moins de temps passé assis semblent réduire l’incidence de cancer du sein, constate une nouvelle étude partiellement financée par les gouvernements du Canada et du Québec.

Si on pouvait convaincre une cohorte de 100 femmes d’adopter un mode de vie actif, il y aurait au sein de ce groupe 41 % moins de cas de cancer du sein que dans un groupe de cent femmes sédentaires, ont mesuré les chercheurs.

Cette réduction était de 38 % si les femmes pratiquaient une activité physique vigoureuse au moins trois jours par semaine, comparativement à des femmes entièrement sédentaires.

«Pour cent personnes qui font de l’activité physique d’intensité modérée ― l’équivalent d’une marche rapide, ce n’est pas un marathon ― il y a 40 % de ces 100 personnes-là qui ne vont pas avoir de cancer du sein par rapport à une population qui, elle, n’en fait pas», a résumé Kaoutar Ennour-Idrissi, qui est candidate au doctorat en épidémiologie à l’Université Laval.

«Si une population est très, très encouragée à faire de l’activité physique, puis que tout le monde s’y met, on va avoir 40 % de moins de cas de cancer du sein. Ce n’est pas pour une personne en particulier, mais dans une population.»

En revanche, la sédentarité a été associée à une augmentation de 104 % du risque de cancer du sein triple négatif.

Les auteurs de l’étude ont examiné près de 131 000 femmes d’origine européenne, dont environ 75 000 qui étaient atteintes d’un cancer du sein. Ils ont utilisé une méthode d’analyse sophistiquée qui permet d’exclure l’influence de facteurs comme une histoire familiale de cancer du sein, ce qui donne encore plus de robustesse à leurs résultats.

Des études observationnelles précédentes avaient témoigné d’une association entre la sédentarité et un risque accru de cancer du sein.

«On va retrouver des gens qui vont nous dire, ‘Ah, mais moi j’ai été actif toute ma vie, j’ai fait l’exercice, j’ai fait attention à ma santé toute ma vie. Pourtant, j’ai été malade’, a souligné Mme Ennour-Idrissi. Ça veut dire que pour une personne en particulier, on ne peut pas savoir quels facteurs sont les plus contributeurs. Mais si on change le comportement d’une population, on va réduire 40 % des cancers. Du point de vue de santé publique, c’est très important.»

Cela étant dit, il est possible de réduire le risque personnel en adoptant un mode de vie actif, en surveillant son alimentation, en ne fumant pas et en réduisant notre consommation d’alcool, a-t-elle ajouté.

«Quand on conduit une automobile sur une autoroute, quand on respecte la limite de vitesse, quand on met sa ceinture de sécurité, qu’on est attentif, qu’on n’est pas fatigué, qu’on essaye de mettre toutes les chances de notre côté pour ne pas avoir d’accidents, ben on réduit significativement notre risque, a illustré Mme Ennour-Idrissi. Évidemment, il y a des choses qu’on ne peut pas contrôler. Ce que je veux dire, c’est qu’on met toutes les chances de notre côté.»

L’étude a été en partie financée par Génome Canada, Génome Québec, les Instituts de recherche en santé du Canada, la Société canadienne du cancer et la Fondation cancer du sein du Québec. Des chercheurs des universités McGill et Laval y ont aussi contribué.

Les conclusions de cette étude sont publiées par le «British Journal of Sports Medicine».

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