L’administration Trump bloque le témoignage de Gordon Sondland

WASHINGTON — L’administration Trump a empêché Gordon Sondland, l’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne, de comparaître mardi devant un comité de la Chambre des représentants chargé de l’enquête de destitution du président Donald Trump.

L’avocat de l’ambassadeur Sondland a indiqué dans un communiqué que son client est «profondément déçu de ne pas pouvoir témoigner» puisqu’il s’est rendu «à Washington depuis Bruxelles afin de préparer son témoignage et d’être disponible pour répondre aux questions du Comité».

M. Trump a donné sa version de la raison pour laquelle l’envoyé a été bloqué, lançant sur Twitter que «j’aimerais envoyer l’ambassadeur Sondland» témoigner, «mais il témoignerait malheureusement devant un tribunal factice totalement malhonnête». Il a ensuite ajouté que les «faits véritables» sont cachés au public.

La plainte d’un lanceur d’alerte et les textos publiés par un autre envoyé présentent M. Sondland comme un témoin potentiellement important face aux allégations selon lesquelles le président républicain aurait cherché à salir un rival démocrate au nom de la politique étrangère.

M. Sondland devait faire face mardi à des questions sur cet épisode. Pour la deuxième fois en autant de semaines, les législateurs auraient alors interrogé en privé un ambassadeur sur les pressions du président pour que l’Ukraine enquête sur le démocrate Joe Biden avant les élections présidentielles de 2020.

Des textos dévoilés par des démocrates de la Chambre montrent que M. Sondland et un autre ambassadeur nommé par M. Trump ont tenté de convaincre l’Ukraine d’accepter d’enquêter sur une éventuelle ingérence dans l’élection présidentielle de 2016 et de se pencher sur une entreprise énergétique qui avait nommé Hunter Biden, le fils de Joe Biden, à son conseil d’administration.

En retour, les représentants américains auraient fait miroiter au nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky la possibilité d’une rencontre avec M. Trump à Washington. Rien ne permet de croire à des malversations de la part de M. Biden ou de son fils.

Parmi les messages les plus frappants, M. Sondland cherche à rassurer un troisième diplomate sur le fait que leurs actions sont appropriées.

Il a été révélé mardi que M. Sondland avait envoyé ce texto après avoir appelé M. Trump directement et s’être fait dire qu’il n’y avait pas d’échanges de faveurs promis. M. Sondland aurait contacté M. Trump parce qu’il s’inquiétait des alarmes déclenchées par l’autre ambassadeur, William «Bill» Taylor, le chargé d’affaires à l’ambassade américaine en Ukraine, selon une personne proche de l’échange.