L’administration Trump effectue sa neuvième exécution de l’année

TERRE HAUTE, Ind. — L’administration Trump a effectué jeudi sa neuvième exécution fédérale de l’année, qui est la première depuis 130 ans à survenir  pendant une période de transition présidentielle.

Quatre autres exécutions fédérales, dont une vendredi, sont prévues dans les semaines précédant l’investiture du président désigné Joe Biden.

Brendan Bernard, un membre d’une organisation criminelle du Texas qui a joué un rôle dans le meurtre d’un couple religieux de l’Iowa il y a plus de vingt ans, a reçu une injection létale de phénobarbital dans une prison américaine de Terre Haute, en Indiana.

Il s’agissait d’une rare exécution d’une personne qui était adolescente lorsque son crime a été commis.

Plusieurs personnalités bien en vue, dont la vedette de téléréalité Kim Kardashian, avaient demandé au président Donald Trump de commuer la peine de M. Bernard en prison à vie.

Sous l’oeil de témoins qui regardaient derrière une vitre, l’homme de 40 ans a été déclaré mort à 21 h 27, heure de l’Est. 

«Je suis tellement chamboulée en ce moment. Ils ont tué Brendan. Il avait tellement changé. Tellement plein d’espoir et positif jusqu’à la fin. Mais surtout, il était désolé, tellement désolé pour le mal et la douleur qu’il a causés à d’autres», a écrit Kim Kardashian sur Twitter quelques minutes plus tard.

M. Bernard avait 18 ans lorsque lui et quatre autres adolescents ont enlevé et volé Todd et Stacie Bagley alors qu’ils se rendaient à la messe du dimanche à Killeen, au Texas. 

Les exécutions fédérales ont repris sous l’administration Trump en juillet après une interruption de 17 ans, malgré la pandémie de COVID-19 qui se propage dans les prisons.

Alfred Bourgeois, un chauffeur de camion de 56 ans originaire de la Louisiane, doit être exécuté vendredi pour avoir tué sa fillette de 2 ans. Les avocats de M. Bourgeois plaident qu’il était atteint d’une déficience intellectuelle, donc qu’il serait inadmissible à la peine de mort. Plusieurs tribunaux ont toutefois statué que les preuves n’allaient pas en ce sens. 

Les exécutions fédérales lors d’un transfert de pouvoir présidentiel sont rares, surtout dans une transition entre un président sortant pour la peine de mort, et un président désigné qui s’y oppose. La dernière fois que des exécutions ont eu lieu pendant une période de transition, c’était pendant la présidence de Grover Cleveland dans les années 1890.

Le département de la Justice a refusé jeudi de reporter l’exécution de MM. Bernard et Bourgeois, et celles de trois autres détenus en janvier. Les neuf exécutions fédérales qui ont eu lieu jusqu’ici dépassent le total de cas survenus dans les 56 années précédentes.

L’un des coaccusés de M. Bernard, Christopher Vialva, a été exécuté en septembre. La mère de Todd Bagley a publié une déclaration après cette exécution, affirmant: «Je crois que lorsque quelqu’un prend délibérément la vie d’un autre, il subit les conséquences de ses actes.»

La première série d’exécutions fédérales de l’année concernait des hommes blancs, ce qui, selon les détracteurs de l’administration, était un geste calculé pour les rendre moins controversées alors que le pays traversait une période de tensions raciales.

Quatre des cinq prisonniers qui ont été exécutés ou qui le seront pendant la transition sont des hommes noirs. Le cinquième cas concerne une femme blanche, qui serait la première détenue à être exécutée par le gouvernement fédéral en près de 60 ans.

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