L’adolescente autochtone disparue a été retrouvée sur l’île du Cap-Breton

ESKASONI, N.-É. — L’adolescente autochtone portée disparue depuis plus d’une semaine a été retrouvée saine et sauve en compagnie de l’homme avec qui elle voyageait, ont annoncé les autorités.

La police avait retrouvé les deux personnes dans une partie reculée de la Nouvelle-Écosse.

La jeune fille de 14 ans, membre de la Première Nation We’koqma’q Mi’kmaq, avait été vue pour la dernière fois dans une station-service d’Eskasoni vers 16 h. le 13 août. Elle avait déjà quitté sa famille d’accueil et était accompagnée de Darcy Doyle, un homme âgé de 47 ans.

La Gendarmerie royale du Canada a indiqué que son unité des services aériens avait repéré un incendie dans un endroit isolé du lac Canoe, sur l’île du Cap-Breton, vers 23 h 30, vendredi.

«Des agents de la GRC se sont rendus dans cette zone et à 1 h, ils ont retrouvé la fille disparue et l’homme avec qui on pensait qu’elle était», a déclaré la GRC dans un communiqué.

La police a déclaré que les deux personnes avaient été placées en détention et que la jeune fille avait ensuite été libérée. Une enquête est en cours.

Aucune accusation n’a encore été portée, a indiqué une porte-parole de la GRC, Lisa Croteau.

«Il est trop encore tôt. L’enquête se poursuit. Dès que nous aurons obtenu plus de renseignements, nous annoncerons si des accusations sont portées», a-t-elle dit.

Soulagement

Le chef Rod Googoo a dit que l’ensemble de la Première Nation de We’koqma’q Mi’kmaq a accueilli la nouvelle avec soulagement. 

Plusieurs dizaines de membres de sa communauté ont participé aux recherches depuis le 13 août.

«Je crois que tout le Cap-Breton a poussé un soupir de soulagement, a-t-il ajouté. Nous sommes soulagés qu’elle ait été retrouvée saine et sauve. C’était notre principale inquiétude.»

La GRC avait déclaré jeudi avoir reçu de nouvelles informations selon lesquelles la jeune fille et Doyle avaient été aperçus la veille près du lac Canoe sur un VTT vert.

La GRC a été vivement critiquée pour n’avoir lancé qu’une alerte locale une semaine après sa disparition.

Albert Toney, un membre de la Première Nation, dit que les questions persistent sur les raisons ayant poussé la GRC à ne pas lancer une alerte Amber dès que la jeune fille eut été portée disparue, la semaine dernière.

«Quand quelque chose comme cela arrive à notre communauté, ou à d’importe quelle autre Première Nation, il semble que nous nous retrouvons toujours au deuxième rang», a-t-il déploré.

L’Association des femmes autochtones du Canada a précédemment déclaré que la police n’avait pas agi avec suffisamment d’urgence pour retrouver l’adolescente, rappelant que la Première nation We’koqma’q avait expulsé Doyle de la communauté, parce qu’il représentait une menace pour la sûreté et la sécurité. Des milliers de personnes ont signé une pétition pour que la GRC lance une alerte Amber.

Mme Croteau a indiqué que la GRC défendait sa décision, disant que la police ne croyait pas que l’adolescente avait été victime d’un enlèvement.

Lorraine Whitman, la présidente de l’association, a néanmoins félicité la GRC et les policiers locaux.

«Les mots ne peuvent exprimer ce que je ressens. Nous allons dormir en paix en sachant qu’elle est saine et sauve», a-t-elle dit.

Mme Whitman est heureuse que la jeune fille ne soit pas devenue une donnée statistique de plus dans la longue liste de femmes et de filles autochtones assassinées ou disparues dans l’ensemble du pays depuis plusieurs décennies.

«On doit rester positifs. Elle est en sûreté. Elle est en sûreté et tout le monde s’est rassemblé comme un groupe uni [pour la retrouver]», a-t-elle ajouté.Le chef et le conseil We’koqma’q avaient offert une récompense de 5 000 $ dans le but de fournir des informations permettant de retrouver la fille.

Laisser un commentaire