L’aéroport de Saint-Hubert passera à un autre niveau avec une aérogare et un hôtel

LONGUEUIL — Il sera possible, à compter de la fin de 2024, de prendre un vol dans les régions vers l’aéroport de Saint-Hubert et d’y avoir une correspondance pour se rendre partout au Canada.

L’Aéroport Montréal-Saint-Hubert deviendra ainsi une véritable destination pour les voyageurs et une plaque tournante pour les vols canadiens. 

La direction de l’infrastructure aéroportuaire a annoncé lundi la construction d’une aérogare, d’un hôtel de 130 places et l’implantation du transporteur Porter qui desservira éventuellement l’ensemble des grandes villes canadiennes à partir de Saint-Hubert. 

«Tout le monde est emballé par cette annonce parce que, quand on parle de développement, économique, social, environnemental pour une région, le développement passe inévitablement par le développement de la mobilité», a déclaré avec enthousiasme la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, lors de l’annonce.

Investissement totalement privé 

L’aérogare et l’hôtel représentent un investissement de 200 millions $ réalisé par Aéroport Montréal-Saint-Hubert, en partenariat avec Porter Aviation Holdings et l’hôtelier Holiday Inn, et ce, sans aucune aide gouvernementale.

L’infrastructure, dont la construction doit débuter au milieu de 2023 et être complétée à la fin de 2024, aura une capacité d’accueil annuelle de quatre millions de passagers. Porter exploitera également une navette électrique gratuite qui, à toutes les demi-heures, reliera la station de métro Longueuil-Université de Sherbrooke non seulement à l’aéroport, mais aussi aux entreprises et institutions éducatives du secteur, où se trouve notamment l’École nationale d’aérotechnique.

Plus de vols pour les régions

Outre la desserte canadienne,Porter prévoit aussi prendre en correspondance les passagers du transporteur régional Pascan, qui doit ajouter du même coup d’autres dessertes régionales. Pascan dessert déjà de nombreuses villes depuis Saint-Hubert, notamment Québec, Saguenay, Alma, Roberval, Rouyn-Noranda, Val-d’Or, Baie-Comeau, Sept-Îles, Mont-Joli, Bonaventure et les Îles-de-la-Madeleine.

«Pour plusieurs de nos régions au Québec, la mobilité ça passe par le transport aérien régional. C’est essentiel. La fiabilité, la qualité, la fréquence des dessertes aériennes régionales, c’est un enjeu majeur dans plusieurs de nos régions du Québec», a fait valoir Mme Guilbault.

Le directeur général de l’aéroport, Yanic Roy, a précisé par ailleurs que l’ajout d’une aérogare et d’un hôtel suscite beaucoup d’intérêt chez d’autres transporteurs aériens. «Il y a des discussions présentement avec plusieurs transporteurs. On espère faire des annonces au cours des prochains mois», a-t-il révélé.

Respect de la qualité de vie

Mais ces transporteurs devront se faire à l’idée: il n’y aura aucun vol de nuit et les vols commerciaux ne pourront se faire avec n’importe quel appareil.

«La nouvelle aérogare sera ouverte de 7h00 le matin à 23h00 le soir. À partir de 2024, il y aura une interdiction totale des vols commerciaux (la nuit) sur le territoire de l’aéroport», a expliqué la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier. De plus, les avions qui seront utilisés seront 65 % moins bruyants que la moyenne et 25 % moins polluants.

L’expansion des activités de l’aéroport a en effet dû faire l’objet de négociations serrées avec la municipalité, dont les citoyens étaient extrêmement réticents de voir un tel développement, eux qui se sont beaucoup plaints du bruit depuis des décennies.

«Ce qu’on a constaté, dit Mme Fournier, c’est que la majorité de la population est favorable au développement de l’aéroport en autant que cela respecte certains critères d’acceptabilité sociale. Au premier rang, bien sûr, on compte la qualité de vie des riverains.»

Un ajout injustifié de GES

Bien que la mairesse parle de consensus et que la ministre des Transports soutienne que tout le monde est emballé, cela n’a pas empêché une dizaine de manifestants de se pointer à l’entrée, pancartes à la main, pour dénoncer une décision qui, selon eux, ajoutera des avions dans le ciel.

«On veut qu’il y ait un moratoire pour être capable d’évaluer tout projet qui puisse se développer, pour voir ses impacts, bien sûr sonores, mais aussi ses impacts sanitaires, ses impacts climatiques», a affirmé leur représentant, Jacques Benoît, de l’organisme Urgence climatique Montérégie, qui fait partie de la Coalition Halte-Air Saint-Hubert.

Pour la Coalition, des avions qui font moins de bruit et qui polluent moins ne sont pas une solution. «Ce n’est pas en faisant plus d’aéroports, plus d’avions qu’on va réussir à endiguer la crise climatique et le réchauffement», a pesté M. Benoît.

«La pollution atmosphérique des gaz à effet de serre, ça c’est l’éléphant invisible dans la pièce et c’est celui qui est le plus dangereux. La seule chose qu’on pourrait avoir qui serait bon, ce seraient des avions qui n’ont aucune émission de GES. On va nous dire que c’est irréaliste, mais c’est vers ça qu’il faut qu’on s’en aille. Il faut qu’on sorte de ce réchauffement climatique là, sinon on va tous en crever», a-t-il conclu.

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