Dennis Oland subira son nouveau procès en octobre pour le meurtre de son père

SAINT-JEAN, N.-B. — Le nouveau procès de Dennis Oland pour le meurtre de son père devrait s’amorcer dans un an au Nouveau-Brunswick.

Le juge Terrence Morrison, de la Cour du banc de la reine, n’avait pu convenir d’une date, en septembre, pour l’ouverture du nouveau procès parce qu’il y avait encore trop d’inconnues, notamment le nombre de témoins que la Couronne souhaitait appeler à la barre. Le magistrat avait alors convoqué à nouveau les parties jeudi, à Saint-Jean.

À l’issue de cette conférence préparatoire, jeudi, le juge Morrison a finalement fixé au 10 octobre 2018 le début du nouveau procès. Les parties se réuniront par ailleurs le 6 mars pour régler certains détails avant le procès proprement dit, qui devrait durer des mois. Le contenu de la conférence préparatoire de jeudi est frappé d’une ordonnance de non-publication.

Dennis Oland, âgé de 49 ans, avait été reconnu coupable par un jury en Cour du banc de la reine, en 2015, du meurtre non prémédité de son père. Ce verdict avait toutefois été infirmé en octobre 2016 par la Cour d’appel du Nouveau-Brunswick, qui a ordonné la tenue d’un nouveau procès. L’accusé a aussitôt été libéré en attendant la tenue du nouveau procès.

La Cour d’appel a convenu que le juge de première instance avait commis une erreur dans ses directives aux jurés. La Couronne a plaidé au procès que l’accusé avait menti sur le veston qu’il portait ce soir-là, alors que la défense a soutenu que M. Oland avait commis une erreur de bonne foi. La Cour d’appel a convenu que dans ses directives, le juge au procès n’avait pas expliqué convenablement aux jurés la valeur probante à accorder à cet élément.

En juillet dernier, la Cour suprême du Canada a refusé d’entendre l’appel de la Couronne, qui souhaitait faire infirmer la décision de la Cour d’appel du Nouveau-Brunswick; le plus haut tribunal du pays a du même souffle rejeté aussi la requête de la défense, qui souhaitait obtenir l’acquittement définitif de Dennis Oland.

L’homme d’affaires Richard Oland, âgé de 69 ans, avait été retrouvé gisant dans un bain de sang, le 7 juillet 2011, à son bureau de Saint-Jean. Une autopsie a révélé que la victime avait reçu 45 coups à la tête, au cou et aux mains. L’arme du crime n’a jamais été retrouvée. Lors du premier procès, la cour avait appris que Dennis Oland s’était rendu au bureau de son père la veille du crime, et qu’il était la dernière personne à l’avoir vu vivant.

Ce premier procès avait duré 65 jours et des documents judiciaires indiquent que le nouveau procès pourrait bien durer aussi longtemps.

Dennis Oland, qui était présent jeudi à Saint-Jean pour la conférence préparatoire, est issu de l’une des familles les plus connues des Maritimes, qui avait notamment fondé en 1867 les brasseries Moosehead. Richard Oland s’était dissocié de cette entreprise familiale en 1981, à la suite d’un différend avec son frère Derek.