L’AFPC envoie une lettre de mandat à Justin Trudeau priorisant le fiasco Phénix

OTTAWA — Le plus grand syndicat de la fonction publique du pays n’avait pas l’intention d’attendre que le premier ministre impose un ordre du jour à son nouveau cabinet. Le syndicat a pris les devants pour faire part au gouvernement de ses propres priorités pour les mois à venir.

L’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) doit publier, jeudi, une «lettre de mandat» à l’intention de Justin Trudeau et de son président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos, dans laquelle elle résume les principaux enjeux sur lesquels elle croit que le gouvernement devrait se concentrer.

Depuis son accession au pouvoir, en 2015, Justin Trudeau a instauré la pratique de remettre des lettres de mandat à ses ministres et de les rendre publiques sur le portail web du gouvernement fédéral. 

Dans la lettre obtenue par La Presse canadienne, accompagnée d’une campagne publicitaire, l’AFPC demande au gouvernement de négocier de nouveaux contrats de travail «équitables» pour ses membres, ainsi que des indemnités pour les fonctionnaires victimes du désastre du système de paye Phénix. 

Assermenté mercredi, Jean-Yves Duclos est devenu le quatrième ministre assigné au Trésor en moins d’un an.

Joyce Murray a été nommée à la tête du Conseil du Trésor en mars à la suite de la démission de Jane Philpott en pleine controverse sur SNC-Lavalin. Elle-même occupait ce poste depuis à peine quelques semaines après que Scott Brison eut annoncé son retrait de la vie politique.

Le président du Conseil du Trésor est responsable des négociations avec les syndicats de la fonction publique fédérale.

L’AFPC a réclamé de nouvelles conventions collectives pour plus de 140 000 fonctionnaires, ainsi qu’une compensation pour les quelque 250 000 employés fédéraux touchés par les ratés de Phénix, qui multiplie les erreurs sur la rémunération et les congés des travailleurs.

L’année dernière, d’autres syndicats ont convenu d’une compensation avec le gouvernement, mais l’AFPC a rejeté les conditions, les qualifiant d’inadéquates.

En septembre, le syndicat a mis en garde le gouvernement contre une éventuelle grève, l’accusant de fuir la table de négociation sur les conventions collectives. Celles-ci sont tenues séparément, mais en parallèle avec les discussions sur Phénix.

Selon un document obtenu par La Presse canadienne, le gouvernement se prépare à une éventuelle grève des fonctionnaires, mais pas avant le mois de mars.