L’Agence de la santé publique fédérale revoit ses projections à la baisse

OTTAWA — L’Agence de la santé publique du Canada revoit à la baisse ses projections pour le parcours de la pandémie de COVID-19 au pays et c’est grâce aux restrictions imposées dans deux provinces de l’Ouest.

Il y a trois semaines, l’agence calculait que le nombre de nouveaux cas quotidiens de la COVID-19 se situerait entre 10 000 et 22 000 en décembre. Ça, c’était à condition que les Canadiens maintiennent leurs contacts au niveau où ils étaient.

La moyenne quotidienne à ce moment-là, soit le 20 novembre, était d’un peu plus de 4000 nouveaux cas par jour, au pays.

Vendredi matin, l’administratrice en chef de l’agence, Theresa Tam, a présenté la plus récente version de sa modélisation.

Le nombre de cas quotidiens atteint maintenant les 6500 cas, en moyenne.

Selon cette plus récente modélisation, ce nombre continuerait à progresser, mais ne dépasserait pas les 12 000 au début janvier. Cette révision est le résultat de «mesures rigoureuses» mises en place en Colombie-Britannique et au Manitoba, mesures qui ont eu des résultats, selon Dre Tam.

Invités à conseiller à voix haute des mesures plus restrictives aux autres provinces afin de diminuer la progression de la pandémie, les administrateurs de l’agence fédérale ont préféré continuer à s’en remettre aux décisions des autorités locales. 

Mais oui, une diminution du nombre de contacts pourrait mener rapidement à une diminution du nombre de cas.

«Le nombre de cas quotidiens actuel dépasse de beaucoup le pic de la première vague (…) et rien n’indique que cette trajectoire ascendante va changer sans une intensification des mesures de santé publique», a déclaré l’adjoint de Dre Tam, Dr Howard Njoo.

Les deux médecins ont également souligné que le taux de tests positifs au pays, de 6,5 %, indique qu’il faut augmenter le nombre de tests. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que ce pourcentage doit se situer autour des 5 % afin d’assurer le contrôle de la pandémie.

Les deux dirigeants de l’agence ont fait leur présentation aux côtés de la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, et de deux autres ministres fédéraux, Dominic LeBlanc et Marc Miller, qui se sont tous félicités de l’arrivée très prochaine au pays des premières doses du vaccin de Pfizer/BioNTech.

Le ministre Miller, responsable des Services aux Autochtones, s’est particulièrement inquiété du nombre de cas chez les Premières Nations. Le premier et seul vaccin approuvé au Canada pour le moment, celui de Pfizer/BioNTech, ne pourra pas être distribué rapidement dans les régions éloignées, sa manipulation étant compliquée par la nécessité de le maintenir à une température sous les – 70 degrés Celsius.

Ottawa compte donc sur l’approbation du vaccin de Moderna, bientôt, pour atteindre les communautés éloignées.

«Elles seront les premières à recevoir le vaccin de Moderna», a indiqué Dre Tam, soulignant que ce produit est plus facile à déplacer. Deux millions de doses de Moderna, assez pour vacciner un million de Canadiens, sont attendues d’ici le 31 mars, à condition que Santé Canada donne le feu vert au produit. 

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