L’Agence européenne des médicaments réitère son appui au vaccin AstraZeneca

LONDRES — Selon l’Agence européenne des médicaments (AEM), le vaccin AstraZeneca n’est pas lié à une augmentation du risque de thrombose. Elle juge que les avantages de son utilisation l’emportent sur les risques, ouvrant la voie à la reprise des injections par les pays européens.

Plusieurs pays européens ont suspendu l’utilisation du vaccin depuis la semaine dernière à la suite d’informations faisant état de l’apparition de types rares de caillots sanguins chez un petit nombre de personnes inoculées. 

L’Allemagne, la France et d’autres États voulaient attendre la décision de l’AEM avant de décider d’autoriser de nouveau l’utilisation de vaccin.

«Notre position scientifique est que ce vaccin est une option sûre et efficace pour protéger les citoyens contre la COVID-19», a déclaré la directrice générale de l’AEM, Emer Cooke, ajoutant qu’elle accepterait de le recevoir.

Toutefois, elle a admis que l’Agence «ne pouvait pas exclure de façon définitive un lien» entre ces rares types de caillots et le vaccin. L’AEM recommande d’ajouter une description de ces cas dans les brochures accompagnant les vaccins afin que les travailleurs de la santé et les patients en soient informés.

Des caillots peuvent se former dans les bras, les jambes et se déplacer vers le cœur, le cerveau ou les poumons, provoquant des accidents vasculaires cérébraux ou des crises cardiaques.

Même si de nombreux pays ont continué à utiliser le vaccin AstraZeneca, on craint que cette controverse ne sape sérieusement la confiance parmi la population, qui est la clé de la campagne de vaccination, particulièrement dans les pays les plus pauvres.

L’Europe a le luxe de pouvoir choisir parmi plusieurs candidats vaccins — mais la décision n’est toujours pas facile sur le continent, où la transmission du virus est à nouveau en hausse et où les campagnes de vaccination ont trébuché à plusieurs reprises.

Des caillots sanguins ont été rapportés chez au moins 37 personnes, dont quatre sont mortes. En Europe, le nombre de personnes ayant reçu au moins une dose du vaccin d’AstraZeneca s’élève à 17 millions.

L’Organisation mondiale de la santé a déclaré mercredi qu’il n’y avait aucune preuve démontrant que le vaccin était responsable de ces cas de thrombose. Selon elle, les avantages de la vaccination l’emportent de loin sur le risque potentiellement faible. Le fabricant du vaccin a également défendu son produit.

Jeudi, peu avant l’annonce de l’AEM, l’agence britannique de réglementation pharmaceutique avait déclaré qu’il n’y avait aucune preuve de causalité entre le vaccin d’AstraZeneca et la formation de caillots. Elle a exhorté les gens à continuer à se faire vacciner. La Grande-Bretagne ne faisait pas partie des pays qui ont suspendu l’utilisation du vaccin.

Par Maria Cheng et Frank Jordans, Associated Press

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