Laïcité: Réjean Hébert admet que les libéraux paieront un prix politique au Québec

LONGUEUIL, Qc — L’un des nouveaux candidats de l’équipe Trudeau admet que les libéraux fédéraux pourraient payer un prix politique pour avoir ouvert la porte à une contestation judiciaire de la loi québécoise sur la laïcité.

Réjean Hébert, l’ancien ministre péquiste qui se présente pour les libéraux dans Longueuil-Saint-Hubert, est d’avis que de «dire la vérité a toujours un prix», mais il pense que le jeu en vaudra la chandelle.

À son avis, le chef libéral Justin Trudeau ne pouvait être plus clair lorsqu’il a été questionné sur la possible implication de son gouvernement dans le dossier de la laïcité.

Dans les trois premiers jours de la campagne électorale, M. Trudeau a répété qu’il n’interviendra pas dans la contestation judiciaire du projet de loi du gouvernement Legault «pour l’instant».

Il pense qu’il est «irresponsable» de la part des autres chefs fédéraux de promettre qu’ils n’interviendront jamais dans le processus.

Selon M. Hébert, les Québécois et les Canadiens vont apprécier que les libéraux disent la «vérité» et qu’ils soient «clairs» quant à leurs valeurs.

Sur le plan personnel, le nouveau candidat s’est dit «préoccupé» de voir que cette loi fera en sorte que certains pourraient perdre leur emploi ou se faire refuser des opportunités de carrière en raison de signes religieux.

Pourtant, M. Hébert tenait des propos différents dans la foulée de la Charte des valeurs du gouvernement Marois il y a tout juste six ans.

Alors ministre de la Santé, il défendait le principe de neutralité de l’État québécois et affirmait qu’une grande portion de la population québécoise était derrière la fameuse charte.

Son ancien collègue Jean-François Lisée n’a pas manqué de le rappeler dans un gazouillis envoyé vendredi soir.

«La vérité est que Réjean Hébert était parmi les plus enthousiastes promoteurs de la Charte, tenait absolument à ce que ça s’applique au réseau de la santé. De plus, il refusait l’idée d’une clause grand-père et préférait virer les recalcitrants», écrit M. Lisée.

Aujourd’hui, M. Hébert affirme que l’identité n’est «pas un enjeu fondamental» dans son implication politique.

Le nouveau candidat libéral a dû faire une profession de foi fédéraliste avant de se joindre aux troupes de Justin Trudeau. Il y voit tout de même une «continuité» dans ses valeurs de centre-gauche entre le Parti libéral du Canada et le Parti québécois.

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La loi du peuple ou de Trudeau?
L’adoption de la charte des droits et libertés de 1982 n’a pas entériné l’ordre mais plutôt le désordre constitutionnel, au Canada. Car, en toute démocratie qui se respecte, ce n’est pas une déclaration de droits qui doit chapeauter la Constitution mais les articles organiques de distribution du pouvoir démocratique. Car, les libertés individuelles ne sont pas le principe mais la conséquence de la démocratie, puisqu’en tout état de cause, elles ne peuvent exister sans garantie de la force publique. A moins qu’on ait décidé de confondre anarchie et démocratie, comme l’a fait le Père Trudeau? C’est pourquoi, au Canada, la Charte de 1982 ne devrait s’appliquer qu’au palier fédéral de gouvernement, chaque province étant libre d’adopter une déclaration de droits, comme celle de 1975, pour le Québec. A ce titre, à chaque législature provinciale, l’assemblée devrait SYSTÉMATIQUEMENT user de la clause dérogatoire pour tous ses actes, afin de signifier, au fédéral, que la loi émane du peuple, même en ce qui a trait à la laïcité, au Québec, et non pas du Bonhomne Trudeau!