L’aide aux médias écrits: un pas dans la bonne direction, disent CSN et FTQ

MONTRÉAL — L’aide de Québec annoncée aux médias écrits a été en général bien reçue par les organisations syndicales qui représentent les travailleurs de l’information concernés, mais la CSN et la FTQ préviennent qu’il faudra aller plus loin pour solutionner la crise.

En entrevue juste après l’annonce ministérielle, mercredi, la présidente de la Fédération nationale des communications de la CSN, Pascale St-Onge, a vu l’annonce du crédit d’impôt de 35 pour cent sur la masse salariale comme une bouffée d’oxygène pour les médias écrits. «Ça correspond à la demande que nous avons depuis déjà quelques années, c’est-à-dire une aide d’urgence pour les médias de la presse écrite qui représente un crédit d’impôt sur la masse salariale», a-t-elle affirmé.

La FNC avait évoqué un plafond salarial de 85 000 $ et le crédit d’impôt l’établit plutôt à 75 000 $, mais «c’est une nette progression par rapport à ce qui a été proposé du côté fédéral qui était plafonné à 55 000 $, donc oui, ça correspond à nos espérances», a ajouté Mme St-Onge.

«Ça prend plus que ça»

Le président de la FTQ, Daniel Boyer, a toutefois prévenu que ce pas dans la bonne direction ne suffirait pas à lui seul. «C’est un début, mais ça prend plus que ça. Nous, on est allé en commission parlementaire, on a insisté sur le fait que ça prenait une multitude de solutions si on veut que les médias se sortent la tête de l’eau», a-t-il lancé.

Il faudra adopter plusieurs mesures, parmi lesquelles d’autres règles touchant les GAFA — Google, Amazon, Facebook et Apple — qui puisent dans le contenu des médias écrits sans y contribuer.

«Qu’est-ce qu’on fait avec les GAFA de ce monde qui drainent 80 pour cent des revenus publicitaires, qui piquent des nouvelles à nos médias traditionnels sans aucunes redevances en retour, qui ne paient aucune taxe, aucun impôt. C’est un problème là. La compétition, elle n’est pas égale.»

Bien qu’il juge souhaitable que le fédéral aussi intervienne face aux GAFA, M. Boyer estime que Québec peut aussi faire un bout de chemin.

«Il faut que le gouvernement du Québec mette toute la pression nécessaire sur le gouvernement fédéral. On ne peut pas se contenter de dire « c’est dans la cour du fédéral et nous, ce n’est pas dans notre cour, donc on ne peut rien faire et on ne fait rien ». Moi, je pense qu’il y a des choses à faire, mais il y a surtout des moyens de pression à faire. Le moment est propice, on est en période électorale» au fédéral, a insisté M. Boyer.