L’Alabama modifiera sa constitution pour retirer des termes racistes

BIRMINGHAM, Ala. — Les électeurs de l’Alabama ont approuvé un amendement afin d’entamer un processus pour supprimer des termes racistes dans la constitution de l’État vieille de 119 ans, qui avait été adoptée pour enchâsser la suprématie blanche en tant que loi de l’État à l’époque de Jim Crow.

Les électeurs de l’État conservateur à majorité blanche ont rejeté des propositions similaires à deux reprises depuis 2000, mais la mesure a été facilement adoptée lors du scrutin mardi.

Glenn Crowell, restaurateur à la retraite et républicain afro-américain, dit avoir voté pour supprimer le vieux libellé, que les parrains de l’amendement considéraient comme une gêne et un obstacle potentiel au développement économique.

«Je veux juste me débarrasser de ce langage. Cela n’a aucun sens de nos jours», a déclaré l’homme de 63 ans de Montgomery.

Les tribunaux ont depuis longtemps annulé la ségrégation légalisée qui était inscrite dans la Constitution de l’Alabama de 1901, mais le langage interdisant le mariage mixte, autorisant les taxes de vote et imposant la ségrégation scolaire demeure.

Avec plus de 1,7 million de votes exprimés, l’amendement a reçu le soutien de 67 % des électeurs. Cela signifie que plus de 585 000 personnes ont voté contre. Mais le bulletin de vote ne mentionnait pas les termes racistes et certains électeurs ne savaient peut-être même pas en quoi consistait l’amendement.

La gouverneure Kay Ivey n’avait pris position sur aucun des six amendements qui figuraient sur le bulletin de vote, dont la mesure antiraciste.

Certains craignaient que la réaction des conservateurs au mouvement Black Lives Matter puisse nuire à la proposition, qui s’est qualifiée pour le scrutin avec un soutien législatif bipartisan des mois avant que des manifestations nationales n’éclatent à la suite du meurtre de George Floyd par la police.

Appelée amendement 4, la proposition permet aux fonctionnaires de l’État de rédiger à nouveau la constitution sans le langage raciste. En partie parce que même les problèmes locaux nécessitent des changements constitutionnels, le document a déjà été modifié 948 fois et est considéré comme la plus longue constitution du pays.

Les fonctionnaires vont rédiger une version préliminaire sans les propos offensants, bien qu’on ne sache pas encore exactement ce qui sera retiré. Les élus examineront ensuite le document mis à jour en 2022, et les électeurs devront à nouveau approuver les changements avant qu’ils n’entrent en vigueur.

En plus d’enlever la formulation raciste, l’amendement permet également à l’Assemblée législative de supprimer le langage répété et de combiner des articles liés au développement économique ou à des comtés précis.

Phillip Evans, un spécialiste des technologies de l’information afro-américain qui a appuyé démocrate Joe Biden à la présidence, a voté pour le changement.

«Ce n’était pas l’un des principaux enjeux que je regardais, mais je l’ai vu là-dedans et je me suis dit: « Ouais, c’est logique »», a indiqué M. Evans, âgé de 41 ans.

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