L’Alberta nomme des experts pour étudier l’écart des prix du pétrole canadien

EDMONTON — La première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, a chargé trois experts de collaborer avec le secteur de l’énergie afin de trouver des moyens de réduire l’écart de prix du pétrole produit au Canada par rapport à celui des États-Unis, une situation qui, selon elle, coûte 80 millions $ par jour à l’économie canadienne.

Selon Mme Notley, l’économie canadienne est en perte de vitesse parce que le baril de pétrole de l’Alberta se vend environ 45 $ de moins que le baril de West Texas Intermediate, aux États-Unis.

«Nous allons perdre ces 80 millions $ demain et le jour suivant, tant que l’écart de prix restera en place», a-t-elle affirmé lundi, à l’Assemblée législative.

«Ne vous y trompez pas, cet écart de prix est un danger réel et présent pour l’économie canadienne.»

Mme Notley a expliqué que cette différence était due à un manque de capacité d’oléoducs pour acheminer la production croissante de pétrole albertain sur les marchés.

«Nous devrions expédier notre pétrole par oléoducs vers de nouveaux marchés dans le monde», a-t-elle affirmé.

«En raison de décennies d’échec des gouvernements canadiens successifs, le Canada tient en otage sa propre économie et (…) l’économie de l’Alberta.»

La première ministre se rendra à Ottawa et à Toronto la semaine prochaine pour défendre ses arguments.

Les experts embauchés par le gouvernement albertain sont Robert Skinner, de la School of Public Policy de l’Université de Calgary, la ministre déléguée à l’Énergie, Coleen Volk, et Brian Topp, ancien chef de cabinet de Mme Notley et consultant en politique. La première ministre leur donne deux à quatre semaines pour lui présenter un rapport.

La semaine dernière, Cenovus Energy et Canadian Natural Resources ont réclamé des réductions temporaires imposées par le gouvernement d’ici à ce que la congestion du réseau pétrolier soit résolue, mais Suncor Énergie et Husky Energy ont rejeté cette idée.

Mme Notley a estimé que l’écart de prix était un problème encore plus important que celui des prix en montagnes russes, auquel l’Alberta est confrontée depuis des décennies.

«Les hausses et les baisses de prix sont une chose et, pour être honnête, les Albertains sont habitués à cela. Mais ceci est différent. Face à cet écart brutal, provoqué par la trop faible capacité des pipelines, nous devons faire ce que nous pouvons pour refermer cet écart autant que nous pouvons.»

La première ministre a toutefois souligné que les solutions à court et à moyen terme ne constituaient pas la solution.

«Tout ce que nous faisons d’autre que construire de nouveaux pipelines et de tirer plus de valeur de nos ressources ne constitue pas une solution à long terme.»

Mme Notley a affirmé que l’Alberta devait valoriser et raffiner davantage ses produits énergétiques à la maison.

«L’Alberta est traitée comme une succursale pour les États-Unis et cela doit cesser.»

 

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