L’Alberta présente un nouveau budget déficitaire

EDMONTON — Le budget de l’Alberta demeurera déficitaire, mais le gouvernement misera gros sur les secteurs pétrolier et gazier tout en cherchant à encourager la diversification économique.

Dans son budget présenté jeudi, le ministre des Finances, Travis Toews, prévoit un déficit de 6,8 milliards cette année, tout en espérant des revenus de 50 milliards $.

La dette devrait s’élever à presque 77 milliards $ d’ici le printemps de 2021 et pourrait même atteindre presque 88 milliards d’ici 2023.

Le gouvernement de Jason Kenney gardera les rênes serrées sur sa fonction publique, espérant réduire les avantages sociaux et les salaires de milliers de fonctionnaires.

M. Toews a prévenu que le taux de chômage demeurera élevé, à environ 7 %. Il s’est montré optimiste sur l’avenir des futurs oléoducs et espère qu’une hausse des exportations apportera plus de revenus au principal secteur économique de la province. «Même si notre gouvernement concentrait son attention sur l’emploi depuis le jour 1, nous allons nous concentrer encore plus sur la création d’emplois», a-t-il lancé.

Selon les prévisions budgétaires, les revenus générés par le secteur des ressources naturelles, qui comptent pour environ 10 pour cent de l’ensemble des revenus de la province, pourraient augmenter de 15 % d’ici 2022-2023.

L’Alberta prévoit que le prix moyen du West Texas Intermediate atteindra 58 $ le baril au cours des douze prochains mois. À l’heure actuelle, il tourne autour de 50 $ le baril, principalement à cause de l’éclosion du coronavirus qui a fortement réduit la demande en pétrole en Chine.

«Nous ne sommes pas en train de prédire un gros bond au cours des deux prochaines années, s’est défendu M.Toews. Ces projections sont crédibles, selon moi, mais prudentes.»

Les conservateurs unis de Jason Kenney ont été élus en avril en promettant de se consacrer à l’essor des secteurs pétroliers et gaziers et de ramener des emplois en réduisant l’impôt des entreprises et la réglementation.

Depuis juillet, l’Alberta a perdu 50 000 emplois à temps plein. Le taux de chômage était de 6,9 % en 2019 et pourrait atteindre 6,7 % cette année. Le gouvernement espère qu’il chutera à 5 %.

Fortement critiqués pour avoir éliminé les incitatifs fiscaux du précédent gouvernement, les conservateurs ont prévu investir  200 millions $ afin d’encourager l’innovation et la création d’entreprises dans des secteurs à la pointe du progrès comme l’intelligence artificielle, l’aéronautique, le tourisme et la technologie financière.