L’ambassadeur israélien minimise les désaccords avec le Canada

OTTAWA — Israël n’est pas d’accord avec la position du Canada sur le plateau du Golan et quant à l’efficacité de l’accord sur le nucléaire iranien, mais l’ambassadeur israélien au Canada croit toujours que la politique du gouvernement Trudeau sur le Moyen-Orient est favorable à son pays.

L’ambassadeur Nimrod Barkan a déclaré que la relation entre le Canada et Israël ressemblait à celle d’un couple marié depuis longtemps: les deux pays peuvent avoir des différends, mais ils demeurent proches.

M. Barkan a d’ailleurs souligné que le président israélien, Reuven Rivlin, participerait à plusieurs événements avec le premier ministre Justin Trudeau lors d’une visite de deux jours au Canada la semaine prochaine.

Le dernier litige entre les deux pays est survenu cette semaine, lorsque le président Donald Trump a décidé de reconnaître la souveraineté d’Israël sur les hauteurs du Golan, des terres stratégiques qui séparent Israël de la Syrie.

M. Trump est revenu sur un demi-siècle de politique étrangère américaine et s’est distancié de la communauté internationale, dont le Canada, qui considère le plateau du Golan comme un territoire occupé par Israël.

Le Canada a affirmé son soutien au consensus international sur les hauteurs du Golan cette semaine, comme il l’a fait lorsque les États-Unis se sont retirés de l’accord sur le nucléaire iranien l’année dernière — une autre initiative que le gouvernement israélien avait applaudie.

«Nous sommes comme un couple marié à de nombreux égards. Nous sommes en désaccord sur certains points — les hauteurs du Golan, le PAGC —  mais au-delà de cela, nous sommes très proches», a indiqué M. Barkan en entrevue.

Tensions sur le nucléaire iranien

M. Barkan a fait référence au PAGC, le Plan d’action global commun conclu en 2015 entre l’Iran et un groupe de pays composé des États-Unis, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de la France, de la Russie, de la Chine et de l’Union européenne. Donald Trump a retiré les États-Unis de l’accord en mai 2018.

Israël avait milité contre l’accord et avait envoyé son plus haut responsable du renseignement à Ottawa l’année dernière. Ce responsable avait plaidé que l’accord était imparfait et n’empêcherait pas l’Iran d’utiliser une technologie nucléaire pacifique pour développer des armes.

«C’est toujours un point de désaccord», a déclaré M. Barkan, reconnaissant que le Canada avait aidé à assurer des inspections diligentes des installations nucléaires iraniennes par l’Agence internationale de l’énergie atomique.

«En même temps, le Canada a un régime de sanctions très fort contre l’Iran, a-t-il nuancé. Globalement, analytiquement, le Canada voit le comportement de l’Iran dans la région de la même manière qu’Israël, à la fois en Syrie, au Liban, en Irak et dans des domaines non géographiques, tels que les essais de missiles et la question des missiles de longue portée ou de portée intermédiaire.»

M. Barkan a félicité le Canada d’avoir dépensé des milliards de dollars pour aider les réfugiés syriens et contribuer à stabiliser la Jordanie, le Liban et l’Irak.

Désaccord sur le plateau du Golan

Selon l’ambassadeur, Israël n’a pas été surpris par la déclaration du Canada sur les hauteurs du Golan, une région que l’État juif a ravie à la Syrie lors de la guerre des Six Jours, en 1967.

Le communiqué d’Affaires mondiales Canada a affirmé que l’annexion d’un territoire par une armée était interdite en vertu du droit international.

«Toute déclaration d’une modification unilatérale d’une frontière va à l’encontre du fondement de l’ordre international fondé sur des règles», est-il écrit.

«Le Canada est un ami indéfectible d’Israël. Nous appuyons Israël et soutenons son droit de vivre en paix et en sécurité avec ses voisins.»

M. Barkan ne se formalise pas trop de ce désaccord, «étant donné la deuxième partie du communiqué» rappelant l’amitié entre les deux pays.

«Le Canada a d’autres considérations: l’Ukraine, je suppose», a-t-il mentionné.

Dans sa déclaration, Donald Trump a affirmé que les hauteurs du Golan présentaient des «circonstances uniques», faisant apparemment référence à l’annexion de la Crimée par la Russie, que le Canada et ses alliés ont condamnée.

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