L’ambassadeur met Ottawa en garde contre l’asile aux manifestants de Hong Kong

OTTAWA — L’ambassadeur de Chine au Canada a averti jeudi le gouvernement Trudeau de ne pas accorder l’asile aux résidents de Hong Kong qui tenteraient d’échapper à une loi de sécurité nationale largement critiquée imposée par Pékin.

«Nous exhortons vivement la partie canadienne à ne pas accorder le prétendu asile politique à ces criminels violents à Hong Kong», a déclaré jeudi l’ambassadeur Cong Peiwu lors d’une conférence de presse vidéo de l’ambassade de Chine à Ottawa.

Il a dit que cela équivalait à «une ingérence dans les affaires intérieures de la Chine, et certainement, cela enhardirait ces criminels violents».

Hong Kong était censé opérer dans le cadre d’un accord «un pays, deux systèmes» à la suite de la rétrocession par l’Angleterre de son ancienne colonie à Pékin en 1997 en vertu d’un accord international. Mais des défenseurs des droits de l’homme et de la démocratie affirment que la nouvelle loi sur la sécurité nationale de Pékin porte atteinte à la liberté dans ce que l’on appelle la région administrative spéciale de Hong Kong.

«Donc, si la partie canadienne se soucie vraiment de la stabilité et de la prospérité à Hong Kong, et se soucie vraiment de la bonne santé et de la sécurité de ces 300 000 détenteurs de passeports canadiens à Hong Kong, et du grand nombre d’entreprises canadiennes opérant à Hong Kong, vous devez soutenir ces efforts pour lutter contre les crimes violents», a déclaré M. Cong.

L’ambassadeur a également rejeté catégoriquement l’affirmation du premier ministre Justin Trudeau selon laquelle la Chine se livrait à une diplomatie coercitive en emprisonnant deux Canadiens en représailles à l’arrestation d’une dirigeante d’une société chinoise de haute technologie en vertu d’un mandat d’extradition américain. Meng Wanzhou vit en résidence surveillée à Vancouver pendant que son cas est soumis à un tribunal de la Colombie-Britannique.

En décembre 2018, la Chine a emprisonné Michael Kovrig et Michael Spavor et les a accusés de porter atteinte à la sécurité nationale du pays. M. Cong a déclaré qu’ils étaient toujours en cours de procédure judiciaire en Chine, mais il n’a pas fourni plus de détails.

Il a réitéré la demande de longue date de son gouvernement que le Canada libère Meng Wanzhou immédiatement, mais il a déclaré que son cas et les procédures entreprises par son gouvernement contre MM. Kovrig et Spavor n’étaient pas liés.

«Nous resterons absolument déterminés à travailler avec nos alliés pour nous assurer que l’approche de la diplomatie coercitive de la Chine, sa détention arbitraire de deux citoyens canadiens, aux côtés d’autres citoyens d’autres pays du monde, ne soit pas considérée (par Pékin) comme une tactique efficace», a dit M. Trudeau plus tôt cette semaine.

M. Cong a déclaré que les efforts du Canada pour amener d’autres pays à se joindre à son combat pour la défense de MM. Kovrig et Spavor étaient «voués à l’échec».

L’Union européenne a fait part de ses préoccupations à propos des deux Canadiens, par leur nom, dans le communiqué résumant son récent sommet avec la Chine.

«Nous nous opposons à toute remarque qui interfère dans nos affaires internes. Et je tiens à souligner qu’il n’y a pas de diplomatie coercitive du côté chinois», a déclaré M. Cong.

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