L’ambassadrice américaine, de passage à Montréal, reste prudente sur l’ALÉNA

MONTRÉAL — L’ambassadrice des États-Unis au Canada a livré un discours prudent, mardi, à Montréal, parlant des «sensibilités communes» et de la «véritable amitié» entre les deux pays, sans rien dire de substantiel sur les négociations en cours concernant l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Lors de l’événement organisé par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), Kelly Craft a affirmé qu’une «rénovation de l’ALÉNA pourrait offrir un exemple à d’autres pays industriels développés qui sont aux prises avec de l’anxiété relativement à la qualité et à la croissance des emplois».

L’ambassadrice des États-Unis a dit avoir bon espoir d’un accord qui «stimulera encore plus l’innovation et la croissance de l’emploi, et servira de modèle dans le monde».

Mme Craft, philanthrope et collectrice de fonds influente du Parti républicain qui a pris ses fonctions d’ambassadrice en octobre, n’a pas répondu aux questions des journalistes après son discours.

Raymond Chrétien, un ancien ambassadeur du Canada aux États-Unis qui assistait à l’événement, a fait valoir qu’il était sage de la part de Mme Craft de s’en tenir à des anecdotes personnelles et des descriptions générales des affaires mondiales. M. Chrétien a soutenu qu’une ambassadrice se devait d’être prudente dans ses premiers pas dans de telles fonctions.

«Je crois que si elle revient l’an prochain, elle pourra parler de notre relation commerciale», a-t-il affirmé.

«Ce qui est compliqué avec les négociations sur l’ALÉNA, c’est que personne ne sait d’un jour à l’autre sur quel pied danser», a ajouté M. Chrétien, qui a été désigné par le gouvernement du Québec pour représenter ses intérêts durant des négociations avec les Américains sur le bois d’oeuvre, le papier et plus récemment sur l’acier et l’aluminium.

Concernant l’ALÉNA, l’un des principaux points d’achoppement demeurerait le système de gestion de l’offre, auquel tiennent notamment les producteurs laitiers du Québec.

La ministre des Relations internationales du Québec, Christine St-Pierre, a affirmé aux journalistes après le discours de Mme Craft que la position du Québec sur la question était sans équivoque.

«Le premier ministre du Québec, de même que le premier ministre (Justin) Trudeau, ont réitéré que la gestion de l’offre serait respectée et que nous ne la mettrons pas sur la table», a dit Mme St-Pierre.