Lancement des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes.

MONTRÉAL — Alors que la pandémie et le confinement qu’elle engendre ont fait croître la détresse des femmes victimes de violence conjugale, la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes lance un appel particulier aux hommes.

La Fédération a en effet lancé, lundi à Montréal, sa campagne annuelle des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, en présence de la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest. 

Cette campagne se déroulera à compter de mercredi jusqu’au 6 décembre.

Cette année, la fédération lance un appel particulier aux hommes, qui peuvent être témoins de cette violence dans leur milieu de travail, auprès d’une amie, d’un membre de la famille, dans un lieu public ou autre.

«Les hommes, c’est important. Jamais on ne va pouvoir contrer les violences faites aux femmes sans les hommes. Ils doivent être des modèles de comportement pour les jeunes hommes», a souligné la directrice de la fédération, Manon Monastesse, en conférence de presse.

Elle invite donc les hommes à parler haut et fort s’ils sont témoins de comportements inacceptables, s’ils entendent des blagues sexistes ou violentes. 

Les hommes sont d’ailleurs invités, eux aussi, à partager les affiches de cette campagne de la fédération et à signer le Manifeste des hommes alliés contre les violences envers les femmes, qui se trouve en ligne.

La campagne d’affichage est d’ailleurs déployée dans les abribus, sous le thème «il s’engage pour elles, et toi?». On y voit le visage d’un homme tuméfié ou qui est craquelé sur une moitié.

Au début de la pandémie de coronavirus, a noté Mme Monastesse, les maisons d’hébergement étaient inquiètes de constater que moins de femmes étaient hébergées en leurs murs. C’est qu’elles se trouvaient confinées à la maison, en présence souvent du conjoint violent, relève-t-elle.

Ensuite, «les femmes essayaient de nous interpeller par les médias sociaux, Twitter, Facebook et par courriel. Alors on a, grâce à l’argent du gouvernement, mis en place les mesures sanitaires, mais on a surtout mis en place de nouvelles façons d’interpeller les femmes», a expliqué Mme Monastesse. 

Avec la deuxième vague de la COVID-19, «les taux d’occupation ont augmenté à nouveau, mais on n’arrive pas au même niveau. On est vraiment en dents de scie. Et ça nous inquiète énormément, parce que ça veut dire que les femmes ont encore beaucoup de difficulté à avoir accès à nos services, même par les médias sociaux», a déploré Mme Monastesse.

À ses côtés, la ministre Charest a confirmé que «ça avait été une grande préoccupation au début de la pandémie».

«On a vu à ce qu’il y ait des budgets qui soient alloués justement pour pouvoir faire des aménagements et s’assurer que les femmes puissent avoir accès aux maisons d’hébergement», a noté la ministre Charest.