L’ancien maire de Toronto Rob Ford est décédé à l’âge de 46 ans

TORONTO – Rob Ford, un homme simultanément adoré par ses partisans et détesté par ses opposants pendant son mandat entaché de scandales qui l’ont rendu tristement célèbre à l’échelle internationale, est décédé.

L’ancien maire de Toronto, la plus grande ville du Canada, a succombé à un cancer 18 mois après que les médecins eurent découvert une tumeur maligne de la grosseur d’une balle molle dans son abdomen. Il avait 46 ans.

«Un homme du peuple dévoué, le conseiller Ford aura passé sa vie à servir les citoyens de Toronto», a indiqué sa famille par communiqué.

Le diagnostic tombé au mois de septembre 2014 est survenu moins d’un an après que M. Ford eut admis avoir fumé du crack alors qu’il était ivre. Il avait alors été forcé d’annuler sa candidature pour un autre mandat de maire et de se contenter d’une candidature au poste de conseiller dans sa circonscription de l’ouest de la ville.

Il a gagné malgré trois ans de mandat marqués par des scandales incluant des insultes face aux minorités visibles, des insinuations publiques sur sa vie sexuelle en plus d’avoir admis, après des mois de déni, qu’il avait consommé du crack et abusé de l’alcool.

Ceux qui connaissaient M. Ford décrivent un homme pour qui la loyauté envers les amis et la famille était aussi inébranlable que le soutien qu’il recevait de la «Ford Nation», un groupe d’électeurs inspirés par sa personnalité à la fois dure et simple à laquelle ils pouvaient s’identifier.

«Il est très loyal envers ses amis. Il a un grand coeur, a décrit l’ancien député libéral John Nunziata, un ami de la famille Ford. Il n’envoie pas ses amis à l’abattoir.»

Cette loyauté était réciproque. Sa famille est demeurée à ses côtés malgré les scandales, et par la suite, durant les jours noirs de sa maladie. Un nombre significatif d’électeurs a aussi continué d’appuyer la «Ford Nation».

Son frère, Doug Ford, qui a pris sa relève à la candidature à la mairie après que son cancer eut été découvert, a terminé bon deuxième lors de l’élection en octobre 2014 — un signe de la popularité constante de son frère, selon plusieurs.

M. Ford, qui gardait une photo de son père décédé sur l’ordinateur de son bureau, aimait bien son rôle de monsieur «tout-le-monde». Le gars ordinaire, comme il se décrivait, conduisait sa propre voiture — un VUS de luxe — jusqu’au travail chaque jour et a fait de la guerre à «l’élite du centre-ville» son cheval de bataille.

Il était, selon ses admirateurs les plus réservés, le politicien type qui avait un talent naturel pour faire sentir aux gens qu’il se préoccupait vraiment de leurs soucis.

Peu importent ses accomplissements politiques, son passage à la mairie est devenu célèbre pour l’explosion d’un cirque politique sans précédent qui est rapidement devenu une histoire internationale.

La drogue, l’alcool, le déni, les confessions et les excuses ont alimenté le feu pendant plusieurs mois.

Des vidéos filmées à son insu ont été coulées dans les médias et ont défrayé les manchettes non seulement au Canada, mais au-delà des frontières. Dans la première vidéo, on le voyait fumer du crack et lancer des insultes à l’endroit des minorités. M. Ford a longtemps prétendu n’avoir aucune idée de ce dont il s’agissait.

D’autres vidéos et extraits audio ont suivi. Il disait des bêtises, faisait des commentaires offensants à l’endroit des femmes. L’équipe de football collégiale qu’il a entraînée pendant des années l’a laissé tomber. Des adjoints de longue date l’ont quitté ou ont été congédiés.

Ultimement, ce fut l’importante et agressive tumeur dans son abdomen qui a mis fin au cirque. Il a amorcé des traitements répétés de chimiothérapie. Il a perdu ses cheveux. Il s’est battu — parfois incapable de monter quelques marches —, même quand il combattait une pneumonie, la preuve que son mantra était qu’un Ford «n’abandonne jamais».

Les détails des funérailles n’ont pas été révélés, mais on s’attend à d’importantes foules ainsi qu’à une chapelle ardente à l’Hôtel de ville. Le cercueil drapé de Jack Layton avait été exposé dans l’immeuble après sa mort en 2011 — et Ford, alors maire, lui avait dit un dernier au revoir.

«Pour lui, des funérailles sont obligatoires lorsque ce sont des amis», a commenté M. Nunziata.

L’ancien maire laisse dans le deuil sa femme, ses deux enfants, sa mère et trois frères et soeurs.

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Mes plus sincères condoléances a ses proches.

Il serait bon de se rappeler que, durant son règne, Ford a:

réduit le fardeau fiscal de ses citoyens,
•réduit les dépenses de la ville,
•équilibré tous ses budgets, et même dégager des surplus à quelques reprises,
•revu les généreuses conventions collectives de ses syndicats pour réduire les coûts et augmenter la productivité,
•privatisé certains services publics,
•remboursé une partie de la dette de la ville,
•créé des conditions économiques qui ont permis une réduction spectaculaire du taux de chômage à Toronto.

Maintenant la question qui tue…

Si un gros colon qui boit comme un trou et qui fume du crack a pu comprendre que la santé économique passait par une coupure des dépenses, une réduction du fardeau fiscal, un budget équilibré et un remboursement de la dette, comment se fait-il que nos politiciens, qui sont pourtant distingués, instruits et raffinés, soient incapables d’en faire autant ?

Si un « crackhead » peut faire tout ça, force est de constater que ça ne doit pas être bien difficile à faire…

Source: http://www.antagoniste.net/index.php?s=ford