L’ancien ministre péquiste Réjean Hébert souhaite être candidat pour le PLC

LONGUEUIL, Qc — L’ancien ministre péquiste Réjean Hébert a confirmé mardi qu’il souhaite désormais faire de la politique sur la scène fédérale et être candidat pour le Parti libéral de Justin Trudeau à la prochaine élection qui aura lieu en octobre.

Il en a fait l’annonce officielle dans un restaurant du Vieux-Longueuil, sur la Rive-Sud, entouré de son conjoint, de leurs enfants et de leurs petits-enfants.

M. Hébert briguera l’investiture de la circonscription fédérale de Longueuil-Saint-Hubert. Pour la remporter, il devra battre l’autre candidat potentiel pour le PLC qui est déjà à pied d’oeuvre sur le terrain. Mardi matin, M. Hébert a convenu que le conseiller municipal Éric Beaulieu a une longueur d’avance, mais il a bon espoir de pouvoir rattraper le retard rapidement.

S’il est désigné candidat libéral, il devra affronter le député sortant, le néo-démocrate Pierre Nantel, qui représente la circonscription — et sa prédécesseure — depuis 2011.

M. Hébert dit vouloir aller sur la scène politique fédérale pour défendre des dossiers en santé qui lui tiennent à coeur comme les soins à domicile, l’impact des changements climatiques sur la santé des citoyens et la prévention des maladies chroniques.

Médecin-gériatre, il dit avoir porté ces enjeux comme chercheur et désire maintenant les défendre en politique. Même si les soins de santé sont principalement offerts à la population par les gouvernements provinciaux, M. Hébert croit que le fédéral peut jouer un rôle important en ayant le recul nécessaire pour amener les provinces à aborder les soins différemment et à revoir la structure de financement.

De plus, l’homme qui a porté les couleurs du Parti québécois (PQ) dit avoir tourné la page sur cette opposition «souverainiste-fédéraliste».

On doit passer à autre chose, a-t-il lancé. «Les Québécois ne veulent pas de référendum. J’ai bien vu ça en 2014», a-t-il fait remarquer. Il a été défait lors de ce scrutin alors qu’il représentait la circonscription provinciale de Saint-François, en Estrie.

«Moi ce que j’ai retenu de la campagne de 2014, c’est le poing levé dans les airs et c’est la question du référendum qui a dominé la campagne électorale et qui a fait en sorte que le PQ n’a pas été choisi par les citoyens», a-t-il déclaré en entrevue.

Ce n’est plus l’enjeu, a-t-il martelé. Les citoyens sont préoccupés par des problèmes «plus sociétaux».

Député de 2012 à 2014, l’homme avait été ministre de la Santé sous Pauline Marois.

Il a reçu l’invitation de se joindre à la bannière libérale par Justin Trudeau lui-même. M. Hébert se dit d’avis que le PLC a innové avec des mesures bénéfiques comme l’allocation canadienne pour enfants qui a diminué la pauvreté des petits et le supplément de revenu garanti pour les aînés. Selon lui, le Parti libéral peut contrer le conservatisme qui prône le retrait de l’État.

«Il ne faut pas retourner aux années Harper», une époque où les inégalités sociales ont augmenté, selon lui.

Il défend le PLC contre ceux qui l’accusent d’être un parti centralisateur. Ce parti prône plutôt un «fédéralisme collaboratif», a rétorqué le candidat à l’investiture.

Le médecin est actuellement doyen de l’École de Santé publique de l’Université de Montréal.

Le candidat du Bloc québécois dans cette circonscription, Denis Trudel, souhaite «un bon atterrissage» à Réjean Hébert, une allusion au fait qu’il juge qu’il est un candidat parachuté à cet endroit.

«Ce que j’en comprends est que M. Hébert veut surtout une limousine de ministre pour réaliser un projet en santé, et il pense que les gens de Longueuil-Saint-Hubert vont lui donner sa limousine. Ça m’inquiète, parce que sa motivation première devrait être de représenter et servir les gens d’ici, et je ne le sens pas», a-t-il expliqué dans un communiqué.

Le néo-démocrate Pierre Nantel ne semble pas inquiet. Il habite depuis 23 ans à Longueuil et connaît très bien sa circonscription, dit-il. Et puis, le bilan du NPD parle pour lui-même, a-t-il ajouté.

Lorsqu’il était ministre péquiste, Réjean Hébert représentait une circonscription québécoise en Estrie — où il avait étudié et travaillé — mais dont le territoire correspond en partie à celle au fédéral actuellement détenue par une ministre, soit Marie-Claude Bibeau qui détient le portefeuille de l’Agriculture. Interrogé sur ce choix de comté en Montérégie, tout près de la métropole, il a soutenu bien le connaître, ajoutant que sa vie «est plus à Montréal» maintenant.

Les libéraux jugent peut-être aussi ce territoire propice à une percée: lors de l’élection de 2015, le candidat libéral avait chauffé le vainqueur Pierre Nantel, qui ne l’avait emporté que par 703 voix.

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