L’APTS invitée à faire partie du front commun après le maraudage en août?

MONTRÉAL — Le front commun du secteur public pourrait bien s’élargir, alors que l’APTS soutient s’être fait offrir par les trois centrales d’en faire partie… mais seulement après la période de maraudage intersyndical.

Pour le moment, le front commun qui négociera les prochaines conventions collectives des secteurs public et parapublic, pour le demi-million d’employés de l’État, est constitué de la CSN, de la CSQ et de la FTQ.

Les trois centrales ont aussi convenu entre elles d’un pacte de non-maraudage, par lequel les signataires s’engagent à ne pas chercher à recruter des membres auprès d’une autre organisation signataire.

Depuis plusieurs mois, l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) plaide pour un regroupement le plus large possible des forces syndicales, afin de faire face aux prochaines négociations et à la refondation du système de santé que veut entreprendre le ministre Christian Dubé.

Dans une lettre adressée à ses membres, le président de l’APTS, Robert Comeau, affirme avoir obtenu une «réponse officielle» de la CSN, de la CSQ et de la FTQ.

«Le vendredi 27 mai, nous avons reçu une réponse officielle des trois centrales: elles offrent à l’APTS de faire partie du Front commun, mais seulement après la période de maraudage», écrit M. Comeau à ses membres.

Une des fédérations de la CSN, celle des professionnels, tient en effet à marauder quand même l’APTS, c’est-à-dire de tenter de lui enlever des membres.

Or, la période de maraudage doit avoir lieu en juillet, avec la signature de cartes et le dépôt des requêtes.

En entrevue vendredi, M. Comeau a expliqué le contenu de sa lettre à ses 65 000 membres et ses propos sur l’ouverture des trois centrales envers l’A’PTS, du moins au niveau de la haute direction.

«Oui, il y a un engagement formel. Ils doivent consulter leurs instances, c’est clair. Mais de la part des hautes instances, il y a une réelle volonté, bien sentie de leur part, et qu’on a bien saisie.»

Même la CSN? lui a-t-on demandé, puisqu’une des fédérations de la CSN fait publiquement campagne pour essayer de soutirer des membres à l’APTS.

«Oui, la CSN est prête à nous accueillir dans le front commun. Tout à fait. Mais après la période de maraudage, c’est-à-dire à partir du 3 août prochain», a répondu M. Comeau.

Pas si vite, dit le front commun

Le front commun CSN-CSQ-FTQ a tenu un autre discours, affirmant qu’aucune réponse n’avait encore été donnée à l’APTS.

«Depuis plusieurs semaines, nous discutons avec l’APTS de la possibilité de créer une alliance intersyndicale la plus large possible. Toutefois, ce sont nos instances respectives qui en décideront. Compte tenu des délais et du cheminement des discussions dans nos organisations, la séquence nous amène au mois d’août. Il n’y a actuellement aucune décision ferme de prise ni aucune réponse donnée à l’APTS», ont répliqué les trois centrales dans une déclaration commune.

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