L’armée canadienne souffre d’un manque de soldats à cause de la pandémie

OTTAWA — Les Forces armées canadiennes souffrent d’un manque de plusieurs milliers de soldats à cause de la COVID-19 qui les obligent à freiner l’entraînement de nouvelles recrues.

L’armée canadienne devrait compter à tout moment 68 000 militaires à temps plein et 29 000 réservistes en uniforme pour mener les nombreuses missions qui lui sont assignées ici et à l’étranger.

Mais selon les chiffres fournis par les Forces armées canadiennes, ses troupes étaient à court de 2000 soldats réguliers et de 5000 réservistes à la fin de décembre.

Pour l’armée, ce manque s’explique par un fait: environ un quart seulement du nombre prévu de nouvelles recrues a pu être formé après la fermeture des camps d’entraînement à cause de la pandémie.

Un porte-parole, le major Travis Smyth, dit que l’armée a été en mesure de respecter ses obligations actuelles au pays et à l’étranger, mais qu’il est trop tôt pour dire si ce manque aura des répercussions à moyen et à long termes.

«La pandémie a limité nos capacités d’entraînement dans la majeure partie du pays en raison des directives de la santé publique des provinces et du fédéral», a déclaré le major Smyth. 

Cette réduction, sans compter les protocoles stricts qu’ont dû respecter les centres de recrutements pour assurer la sûreté et le bien-être des candidats et du personnel, a entraîné une baisse du nombre des dossiers étudiés, a-t-il ajouté.

La pandémie a exacerbé ce problème de recrutement que doit affronter l’armée depuis de nombreuses années.

Le vérificateur général Michael Ferguson avait déjà soulevé ce problème en novembre 2016, soulignant qu’il représentait un fardeau pour les militaires en place et un danger pour l’efficacité opérationnelle de l’armée.

Le major Smyth a affirmé que l’armée avait réalisé des progrès pour garder ses militaires déjà en poste en 2019 et au cours des trois premiers mois de 2020.

David Perry, un expert des questions de défense de l’Institut canadien des affaires mondiales, n’est pas surpris par l’incapacité de l’armée à attirer et à former des recrues en temps de pandémie.

Il ajoute toutefois que la grande incertitude économique liée à la pandémie devrait au moins inciter les militaires à garder un emploi stable dans l’armée

Selon lui, ce problème souligne l’importance pour l’armée d’un recrutement plus diversifié.

«Pour atteindre cet objectif, l’intérêt et la responsabilité de l’organisation militaire d’élargir sa base de recrutement et de la rendre plus représentative du pays dans son ensemble, prennent une importance accrue», soutient M. Perry.

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