L’armée israélienne tue un Palestinien lors d’affrontements en Cisjordanie

JÉRUSALEM — Les troupes israéliennes ont abattu un Palestinien lors d’affrontements en Cisjordanie occupée dimanche soir, quelques heures après que la police a été déployée dans un quartier de Jérusalem-Est pour tenter de contenir la violence entre les militants juifs ultranationalistes et les résidents palestiniens.

Tôt lundi, le ministère palestinien de la Santé a déclaré qu’Akram Abu Salah, 17 ans, est mort d’une balle dans la tête.

Les affrontements ont éclaté après que les forces israéliennes sont arrivées dans le village de Silat al-Harithiya près de Jénine pour détruire les maisons de deux détenus palestiniens accusés d’avoir ouvert le feu sur une voiture circulant près d’une colonie de peuplement en Cisjordanie et d’avoir tué un colon en décembre.

Plus tôt à Jérusalem, des troubles ont eu lieu à Cheikh Jarrah, un quartier où les affrontements de l’année dernière ont contribué à déclencher une guerre de 11 jours entre Israël et les militants du Hamas dans la bande de Gaza.

Des dizaines de familles palestiniennes à Cheikh Jarrah et dans d’autres quartiers de Jérusalem-Est risquent d’être expulsées par des organisations de colons juifs, et les tensions entre les parties dégénèrent souvent en violence.

Les derniers troubles ont éclaté après que la maison d’un colon a été incendiée au cours du week-end. Itamar Ben-Gvir, un député ultranationaliste, a répondu à l’incendie en installant tôt dimanche un bureau de fortune près du domicile d’une famille menacée d’expulsion. Des Palestiniens se sont installés sous la tente de M. Ben-Gvir dans l’après-midi, lançant des chaises en plastique et se bousculant avec ses partisans.

Tard dimanche, la police anti-émeute a pulvérisé de l’eau avec une odeur putride pour disperser les manifestations palestiniennes. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montrait un policier israélien donnant des coups de pied à un jeune Palestinien. La police a signalé au moins 12 arrestations.

Le service médical du Croissant-Rouge palestinien a déclaré que 14 Palestiniens avaient été blessés, dont quatre blessés par balles en caoutchouc. Des explosions de grenades assourdissantes utilisées par la police pour disperser les foules ont pu être entendues au cours de la soirée.

M. Ben-Gvir, partisan d’un rabbin radical qui a appelé à l’expulsion des Arabes d’Israël, a accusé la police d’utiliser une « brutalité extrême » contre ses partisans. Il a dit qu’il passerait la nuit dans la région « pour qu’ils apprennent ».

En plus des menaces d’expulsion, des milliers de Palestiniens vivent dans des maisons à Jérusalem-Est qui sont menacées de démolition en raison de politiques discriminatoires qui rendent extrêmement difficile la construction de nouvelles maisons ou l’agrandissement de celles qui existent déjà. Les menaces d’expulsion, liées à des batailles vieilles de plusieurs décennies entre résidents palestiniens et colons juifs, ont déclenché des manifestations et des affrontements en mai dernier qui ont contribué à déclencher la guerre de Gaza.

Israël a annexé Jérusalem-Est, ainsi que la Cisjordanie et la bande de Gaza, lors de la guerre des Six Jours en 1967. Jérusalem-Est abrite les lieux saints les plus sensibles de la ville. Israël considère la ville entière comme sa capitale, tandis que les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est comme la capitale d’un futur État. Le sort de la ville est l’une des questions les plus controversées de ce conflit centenaire.